Traite des êtres humains : La CCDH exige plus de réactivité

von | 30.01.2026

Bien qu’elle salue des améliorations sur la détection des victimes de traite humaine, la Commission consultative des droits humains déplore une approche politique peu proactive.

Selon les données fournies par la police judiciaire, le nombre de victimes de traite des êtres humains a augmenté entre 2023 et 2024, avec un total de 152 victimes, dont 83 femmes et un enfant. Soit un peu plus que les 127 victimes de traite détectées entre 2021 et 2022. Il s’agit d’une tendance en hausse, mais que la Commission consultative des droits de l’homme (CCDH) salue dans son nouveau rapport publié ce jeudi, puisqu’elle estime que les chiffres reflètent surtout une détection plus systématique et intensifiée.

Les chiffres incluent entre autres une cinquantaine de victimes, majoritairement originaires d’Ukraine et de Russie, exploitées au sein d’un grand réseau de prostitution forcée, une affaire qui avait été démasquée en 2021 et dont le procès est actuellement en cours. Cette forme d’exploitation est devenue plus difficile à détecter, les mesures de confinement de la période du covid-19 ayant « entraîné un déplacement de cette activité vers des lieux privés, notamment des appartements », précise la CCDH. Depuis, de plus en plus de trafiquant·es recrutent en ligne et à travers les réseaux sociaux en faisant de « fausses promesses d’embauche, de salaire et de logement ».

La majorité des victimes détectées entre 2023 et 2024 sont exploitées pour le travail, dans les secteurs de la restauration et de la construction, une exploitation également en hausse en 2025, indique le rapport. Depuis 2010, les personnes affectées ont principalement été de nationalité non-luxembourgeoise : des personnes roumaines et portugaises, mais aussi chinoises, ukrainiennes, russes, brésiliennes et albanaises. Entre 2010 et 2024, les mineur·es représentaient 5,8 % de toutes les victimes.

La même tendance à la hausse se constate au niveau européen, l’UE affichant le chiffre « le plus élevé enregistré » depuis 2008, note la CCDH. En 2023, 10.793 victimes de traite humaine ont été détectées – un bond de près de 7 % par rapport à 2022. Parmi les États membres, le Luxembourg se place en tête du classement pour le nombre de victimes par million d’habitant·es. Or, ceci pourrait s’expliquer par « l’approche plus proactive de l’ITM », qui fournit des données depuis 2020, suggère la CCDH.

Des avancées que la commission salue, notamment au sein de la Police judiciaire, qui a renforcé le personnel dédié à la lutte contre la traite ou encore des services d’assistance comme InfoTraite dont les ressources ont augmentées. Or, d’autres acteurs se montrent encore réticents à collaborer davantage – « dont notamment la Direction de l’immigration » ou encore le ministère de la Santé, note la présidente de la CCDH, Noémie Sadler, dans le rapport. Étant donné que l’Office national de l’accueil, aussi bien que la Direction de l’immigration, entrent régulièrement en contact avec des personnes particulièrement vulnérables, la Commission déplore que la Direction ne dispose pas d’une procédure standardisée pour détecter des victimes potentielles. Il s’agit d’un manque flagrant si l’on considère le « danger accru d’exploitation » des demandeur·euses et bénéficiaires d’asile qui, depuis quelques années, peuvent se voir refuser l’accès à un hébergement.

S’il s’agit du cinquième rapport de la CCDH sur la traite, de nombreuses recommandations formulées dans les analyses antérieures n’ont pas été tenues en compte. Ainsi, bien que la prise de conscience ait augmentée, les mesures politiques sont encore trop incohérentes et le pays manque d’une stratégie commune pour s’attaquer à la traite, déplore la CCDH. Un comité établi à cet égard ne s’est réuni en effet qu’une seule fois en 2024. L’absence d’une vraie « volonté politique » de la part du gouvernement affecte la coordination au niveau national ainsi que le financement des mesures plus effectives, comme le service d’une hotline disponible 24h/24h ou une mise à jour du plan d’action national contre la traite, présenté en 2016. Ceci aussi en vue d’une directive européenne concernant la prévention de la traite humaine, dont la transposition doit être aboutie au plus tard en juillet 2026, rappelle la Commission.

En Europe, les bénéfices pour les trafiquant·es atteignent une somme annuelle de 20.000 euros en moyenne par victime. Une raison supplémentaire pour la CCDH de préconiser davantage de formations pour les autorités judiciaires ainsi que les entreprises. En 2023, 2.309 auteur·rices de traite ont été condamné·es dans l’UE, environ 10 % de plus qu’en 2022.

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