Transports : Quand les trains arriveront à l’heure

von | 04.09.2026

En raison de travaux de maintenance et de modernisation des infrastructures, la circulation des trains entre le Luxembourg et ses trois pays voisins a été et continue d’être fortement perturbée cet été. Au grand dam des frontaliers et frontalières, qui ont le sentiment de revivre le même scénario chaque année.

Les gigantesques investissements dans le rail doivent doter le pays d’un réseau performant. En attendant la fin des travaux, pour les usager·ères, c’est la galère. (Photo : Erich Westendarp/Pixabay)

On peut voir le verre à moitié plein ou on peut le voir à moitié vide. Pour le gouvernement, les interruptions estivales de lignes ferroviaires vers la France, la Belgique et l’Allemagne vont dans le bon sens, les travaux entrepris visant à doter le pays d’un réseau de transports en commun à même de répondre aux besoins des décennies à venir. Avec le logement, la mobilité est un autre problème majeur du Luxembourg, et il ne cesse de s’aggraver au fil des ans et… des plans mis en œuvre pour le résoudre.

Mais aujourd’hui, le financement du rail se chiffre en centaines de millions d’euros et place le grand-duché proportionnellement en tête des pays européens pour ses investissements dans le ferroviaire, selon l’association allemande Allianz Pro Schiene. En 2025, le pays a investi 602 euros par habitant·e dans le train, contre 222 euros en Allemagne, 122 en Belgique et seulement 70 en France, bon dernier des pays étudiés. La mise à deux voies de la ligne Luxembourg – Bettembourg a concentré 111 millions d’euros d’investissements en 2026, alors que l’enveloppe globale dont est pourvu le Fonds du rail pour cette année s’élève à près de 750 millions d’euros. À terme, le Luxembourg devrait disposer d’un réseau ferré parmi les plus performants d’Europe.

Du côté des frontalières et frontaliers qui choisissent le train pour venir au Luxembourg, on voudrait y croire, mais, pour l’instant, on a quand même tendance à voir le verre à moitié vide. C’est particulièrement vrai pour celles et ceux qui viennent de France : pour le troisième été consécutif, le trafic a été interrompu entre Metz et Luxembourg, avec la mise en place de bus de substitution depuis Thionville. Le système de rotation est maintenant bien rodé, et le temps d’attente d’un bus à la sortie de la gare de Thionville est minime. Mais cela rallonge quand même sacrément le temps de trajet, les bus empruntant l’A3 avec ses légendaires bouchons, aggravés cet été par les travaux d’élargissement de l’autoroute. Le trafic a repris cette semaine, mais devinez quoi : la ligne sera à nouveau interrompue l’été prochain, annoncent déjà les CFL. Une quatrième année de galère en vue.

Pour les usagères et usagers de la ligne, forcément exaspéré·es, l’histoire ressemble à un jour sans fin. Ces difficultés amplifient le mécontentement face à une ligne saturée, accusant de perpétuels retards ou annulations. S’y ajoutent des voitures surchargées aux heures de pointe, obligeant une bonne partie des passager·ères à voyager debout dans des espaces où le moindre mètre carré devient objet de convoitise. Sur ce point, le Luxembourg n’est cependant pas à blâmer. Il a même plutôt bien fait le job, par la mise en circulation de nouveaux trains, plus spacieux et bien équipés. C’est donc du côté français que ça pèche, avec des promesses de nouvelles places constamment décalées. Il en va ainsi des 22.000 places supplémentaires promises à l’horizon 2030, projet désormais repoussé aux calendes grecques par un État français en mal de ressources financières et pour lequel le ferroviaire n’est en aucun cas une priorité.

Comme un jour sans fin

Les suspensions de lignes ne concernent pas que la France. Depuis ce 24 août et jusqu’au 20 septembre, les frontalier·ères venant d’Allemagne doivent aussi prendre leur mal en patience. Aucun train ne circule sur la ligne Luxembourg – Trèves, en raison de la réfection du pont frontalier de Wasserbillig. Idem pour la Belgique, où le trajet entre Ettelbruck et Gouvy a été interrompu jusqu’au 14 août pour des travaux de renouvellement de voies et de sécurisation des parois rocheuses qui longent les rails sur ce tronçon. D’autres perturbations, de moindre durée, ont été enregistrées en direction d’Arlon, en raison des travaux de maintenance sur le réseau belge.

Les frontalier·ères ne sont pas les seul·es à avoir souffert cet été. La ligne Luxembourg – Esch – Rodange a été à l’arrêt pendant plus d’un mois, là encore pour un chantier qui vise à améliorer la circulation sur ce trajet réputé pour ses retards chroniques. Tous ces travaux se conjuguent avec l’aménagement du futur pôle d’échange de Howald, qui devrait entrer en service cet automne. Le gouvernement annonce aussi la construction d’une nouvelle gare routière et d’un espace voyageurs sur l’emplacement des anciens ateliers CFL à Bonnevoie. Tout cela suffira-t-il à alléger le fardeau des usager·ères ? On attend de voir.

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