FOLK/ACOUSTIC: Les souffrances du jeune Dallas

City and Colour : sous ce nom aux allures de collectif se cache en réalité le projet d’un seul homme. Dallas Green, artiste établi de la scène folk canadienne, sera le 11 juin à l’Atelier à Luxembourg avec une oeuvre intimiste et des mélodies acoustiques envoûtantes.

Dallas Green a laissé le hardcore derrière lui, pour une longue introspection folk.

Ex-chanteur et guitariste du groupe de post-hardcore canadien Alexisonfire, Dallas Green s’est fait remarquer par sa voix caractéristique sur la majorité des chansons du groupe, dont la notoriété s’est rapidement étendue au-delà des frontières canadiennes. A l’origine, le projet City and Colour est né d’enregistrements personnels effectués en 2004 et destinés à son entourage. Mais rapidement, les morceaux se diffusent sur le net et rencontrent un succès inattendu. En 2005, il sort son premier album « Sometimes ». Le public est au rendez-vous, les fans de plus en plus nombreux. En 2011, Green quitte finalement le groupe pour se concentrer uniquement sur son projet solo, une exploration acoustique personnelle et touchante, bien loin de la fureur d’Alexisonfire.

Inutile donc de chercher la trace d’un quelconque hardcore dans ses albums : City and Colour – nom né du jeu de mot avec Dallas (la ville) et Green (la couleur) -, ce sont ses propres démons déployés sur les cordes d’une guitare, c’est sa mémoire qui jaillit en une mélodie lente et enivrante. Green chante avec le coeur et se plonge dans une introspection douloureuse où s’entremêlent doutes et chagrin. Il n’hésite pas à explorer les aigus ou la partition lyrique pour exprimer ses états d’âme. Dès le second album, il puise également dans les racines musicales nord-américaines en intégrant à ses balades mélancoliques de l’harmonica, une batterie ou encore du banjo pour une touche plus enjouée et un son plus proche du folk. Ses morceaux ne sont assurément pas de ceux qui égayent l’esprit, et si le plaisir n’est pas à chercher du côté de l’originalité non plus, leur intensité et leur sensibilité en feront un excellent moment musical fort en émotion.

Ses trois premiers albums ont connu un succès indéniable : Green a remporté trois Juno Awards, pour le « nouvel artiste de l’année » en 2007 et l’« auteur-compositeur de l’année » en 2009 et 2012. C’est avec son nouvel album « The Hurry and the Harm », sorti le 4 juin, que l’artiste canadien se présentera à l’Atelier. Pour celui-ci, Dallas Green s’est entouré de cadors du rock tels Jack Lawrence à la basse (The Raconteurs/The Dead Weather), James Gadson à la batterie, ainsi que Bo Koster (My Morning Jacket) sur les touches. Moins novateur que les précédents opus, la musique de Dallas Green y gagne en variation, que ce soit dans le domaine musical ou encore dans les aspirations émotionnelles. Entre pop, rock folk 1960 et country, Green nous transporte une fois encore dans un univers parallèle à la fois sombre et doux, dans les intimes méandres de son âme déchirée. Dandy romantique du 21e siècle ? Peut-être, mais Dallas Green est égal à lui-même? et c’est ce qui plaît.

A l’Atelier le 11 juin.


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