Communales dans le Sud : Particularités et constantes

Ce n’est pas seulement à Esch que le sud du pays s’est réveillé avec de nouvelles majorités. Un petit tour d’horizon.

(Photo : © thebluediamondgallery)

Dimanche dernier, il y a eu les petites surprises et les grandes. Commençons donc par les plus petites : à Dudelange, le LSAP a pu encore une fois défendre sa majorité absolue au conseil communal. C’est d’autant plus considérable que le LSAP a subi des défaites dans plusieurs communes avoisinantes – une tendance qui ne semble pas trop se répercuter sur la troisième ville du pays. Surtout qu’avec Dan Biancalana, les socialistes avaient misé sur une nouvelle tête, vu l’absence des dinosaures Alex Bodry et Mars Di Bartolomeo. Si l’avancée du CSV est remarquable (plus 4 % et deux sièges de plus), les autres sièges du conseil communal n’ont pas bougé (10 pour le LSAP, 2 pour les Verts, 1 pour Déi Lénk et un pour l’ADR – la particularité de Dudelange étant aussi l’absence d’une liste DP). Les pertes socialistes sont certes minimales (3,6 %), mais la majorité absolue rouge s’en trouve précarisée (il ne lui reste que 50,3 %). La mise est donc sauvée pour cette fois, mais les prochaines élections communales pourraient bien forcer le LSAP à se chercher un coalitionnaire. D’autant plus que la décision d’étendre le collège échevinal d’un siège pour permettre à Claudia Dall’Agnol de conserver son strapontin n’est sûrement pas populaire. Autre observation : même s’ils ont fait une avancée de 0,7 %, Déi Lénk ne peuvent pas capitaliser sur la reculée générale de la social-démocratie. Même s’il n’est pas au pouvoir à Dudelange, le gagnant est clairement le CSV.

Passons aux grandes surprises et donc à Differdange. Que l’ère Meisch était révolue et que le frère du ministre François Meisch n’ait pu l’empêcher ne devrait pas étonner. Mais une telle déculottée en faveur des Verts peut surprendre, avec le DP qui perd 5 sièges et l’équipe du bourgmestre Roberto Traversini qui en récupère 5 pour arriver à 7. Du moins, cela a empêché toute discussion autour de la réelle volonté de l’électeur, car rarement celle-ci a été exprimée plus clairement que dans ce suffrage local. Pourtant, la coalition vert-rouge-orange n’a pas été reconduite, Traversini ne perdant pas une minute pour s’allier avec le CSV. Si ce dernier a bien récupéré un des sièges du DP pour arriver à 4, il est pourtant étonnant que le bourgmestre n’ait pas parlé aussi aux socialistes, dont les pertes (moins 4 %) sont minimales, et qui conservent eux aussi leurs 4 sièges. On pourrait penser que parfois l’ombre des législatives de 2018 plane aussi bien sur les urnes que sur les décisions qu’elles conduisent les politiciens à prendre. À l’extrême gauche, même constat que partout ailleurs : rien ne bouge. Gary Diderich a réussi à garder son mandat avec exactement le même score (5,2 %) qu’en 2011, tandis que le chef de file communiste Ali Ruckert a pu un peu améliorer son score et celui de son parti. Le grand soir, ce n’est pas pour demain décidément.

LSAP en retrait

Mais c’est dans deux autres communes du Sud que le changement s’est opéré de façon plus flagrante : Mondercange et Schifflange. Longtemps considérées comme des bastions socialistes fiables, les deux villes ont pourtant changé de mains. À Schifflange, le LSAP a certes perdu en pourcentage, mais pas en sièges, tandis que le CSV a pu en gagner 2. Même si leur tête de liste devance les conservateurs, les socialistes n’ont pu qu’assister au changement de majorité, le CSV s’alliant au DP. Scénario identique à Mondercange, où la remplaçante du ministre de l’Intérieur Dan Kersch, Christine Schweich, l’emporte aux suffrages par candidat, mais où le LSAP en général perd 11 % et 2 sièges – récupérés par les conservateurs, qui n’ont pas hésité à s’allier au DP pour prendre les rênes de la commune. Est-ce une revanche du CSV pour le coup de 2013 ? Il y a certes de cela dans le comportement des conservateurs. Mais réduire l’effondrement du LSAP à de mauvais coups politiques serait fermer les yeux devant les vrais problèmes de structurels de ce parti.


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