AMENAGEMENT DU TERRITOIRE: Encore du boulot pour Jean-Claude

von | 27.09.2002

Sans le dire de manière explicite, l’avis du conseil supĂ©rieur de l’amĂ©nagement du territoire (CSAT) sur le programme directeur de l’amĂ©nagement du territoire critique sĂ©vèrement la politique du gouvernement actuel.

En mai 1999 – donc un mois avant les dernières Ă©lections nationales – le ministère de l’amĂ©nagement du territoire, dirigĂ© par le socialiste Alex Bodry, avait publiĂ© un document fort de quelque 200 pages, fruit d’un vĂ©ritable travail de Sisyphe: le projet du programme directeur d’amĂ©nagement du territoire (PDAT). Plus de deux ans auparavant, un processus d’Ă©laboration avait Ă©tĂ© mis sur pied qui faisait appel Ă  de larges franges de la population, notamment Ă  travers six hearings rĂ©gionaux. L’effort Ă©tait gigantesque Ă  tel point, que le ministère a sombrĂ© par la suite.

En effet, l’accord de coalition concoctĂ© par le PCS et le PD, suite aux Ă©lections de juin 1999, stipulait que l’amĂ©nagement du territoire perdrait son statut de ministère Ă  part entière et serait dorĂ©navant gĂ©rĂ© par une direction sous tutelle du ministère de l’intĂ©rieur. L’opposition politique, mais aussi les organisations non-gouvernementales qui s’occupaient jusque-lĂ  des questions liĂ©es Ă  l’amĂ©nagement du territoire, voyaient d’un très mauvais oeil cette façon de faire. Tout comme pour la gestion de l’eau, qui fut retirĂ©e du ministère de l’environnement, le ministère de l’intĂ©rieur se vit dotĂ© de nouvelles compĂ©tences dans des domaines oĂą il n’avait que peu d’expertise. Pour y remĂ©dier, des services entiers ont dĂ» ĂŞtre transfĂ©rĂ©s d’une administration Ă  l’autre, ce qui n’a certainement pas aidĂ© Ă  accĂ©lĂ©rer le traitement de certains dossiers brĂ»lants.

La nouvelle coalition, et en particulier Michel Wolter, le titulaire du nouveau „superministère“ de l’intĂ©rieur, argumentaient qu’une fusion des compĂ©tences ayant trait aux dĂ©veloppement communal et rĂ©gional Ă©tait nĂ©cessaire pour rĂ©pondre aux dĂ©fis du dĂ©veloppement durable.

Un autre constat auquel le ministère ne peut cependant guère se soustraire: cette fusion des compĂ©tences a solidement freinĂ© la mise en place du plan directeur. Ce n’est qu’en mai 2001 – donc deux ans après le changement de gouvernement – que les organes consultatifs, dont le CSAT, ont Ă©tĂ© nommĂ©s et chargĂ©s de pondre leur avis sur le projet du PDAT. Du temps perdu, car le nouveau gouvernement n’a portĂ© aucun changement au document initial, alors que celui-ci regorge de propositions – notamment en matière de politique de transports – qui sont en contradiction complète avec le programme gouvernemental retenu en aoĂ»t 1999. Il suffit Ă  cet Ă©gard de citer le projet BTB, qui est en quelque sorte une pierre angulaire du PDAT, bien que le projet ait Ă©tĂ© stoppĂ© pour satisfaire aux exigences du parti dĂ©mocratique.

Si ce n’est donc que trois annĂ©es après l’Ă©laboration du projet de plan directeur que le rapport du CSAT est publiĂ©, les auteur-e-s des 23 pages de constats et de recommandations sont les dernièr-e-s Ă  en ĂŞtre grondĂ©-e-s. En 25 recommandations, l’avis essaie de clarifier et d’adapter un certain nombre d’Ă©lĂ©ments du projet du PDAT qui, par ailleurs, est avisĂ© favorablement. Aussi faut-il savoir que cet avis constitue un consensus entre des acteurs et actrices venant de secteurs très diffĂ©rents – de l’association des banques et banquiers, via les chambres professionnelles, les reprĂ©sentant-e-s des communes jusqu’aux organisations environnementales.

„Circuler moins“

„Si l’avis ne comporte qu’une bonne vingtaine de pages, c’est parce que le projet de PDAT comporte Ă  80 pour cent des propositions auxquelles le conseil supĂ©rieur n’a tout simplement rien Ă  redire“, nous dit Fränz Hengen, reprĂ©sentant du Mouvement Ecologique au sein du CSAT. Ce qui n’empĂŞche pas que certaines recommandations du CSAT vont très loin.

Le prĂ©sident du conseil supĂ©rieur, Patrick Bousch, gĂ©ographe auprès du Ceps/Instead, Ă©nonce certaines prioritĂ©s qui ne vont certainement pas plaire Ă  tous les membres du gouvernement. Ainsi Bousch pense qu’il faut redonner Ă  l’amĂ©nagement du territoire son rang politique prioritaire, en le plaçant sous la tutelle directe du Premier Ministre. Si le gouvernement veut donc bien respecter cette proposition, un nouveau dĂ©mĂ©nagement paraĂ®t inĂ©vitable.

Une telle mesure s’imposerait, car le programme directeur prĂ©voit l’Ă©laboration de plans sectoriels (tel le plan sectoriel „lycĂ©es“) Ă©manant de diffĂ©rents ministères et une coordination de ces politiques sectorielles s’impose. Comme des conflits d’intĂ©rĂŞts semblent prĂ©programmĂ©s, c’est le Premier Ministre qui devrait assumer la responsabilitĂ© finale. A ce niveau, on peut se poser la question si le CSAT a choisi la bonne approche: redonner Ă  l’amĂ©nagement du territoire le statut d’un dĂ©partement ministĂ©riel permettrait dĂ©jĂ  de faire reprĂ©senter ce domaine de façon plus visible au sein du conseil de gouvernement.

Un autre „petit dĂ©ficit“, comme l’exprime Patrick Bousch, est l’absence de moyens financiers et humains pour mettre en oeuvre les propositions du PDAT. Concrètement il s’agit, non seulement de renforcer la division de l’amĂ©nagement du territoire et de l’urbanisme, mais il faut aussi permettre aux instances rĂ©gionales et locales d’avoir recours Ă  des professionnels pour concrĂ©tiser les dĂ©cisions qu’elles sont en train de prendre.

Mais le domaine oĂą l’avis du CSAT va crĂ©er probablement le plus de soucis au gouvernement en place reste le volet „transport“. MĂŞme si le CSAT ne fait plus directement rĂ©fĂ©rence au projet BTB, il prĂ´ne le concept du „circuler moins“ et se prononce en faveur d’une politique volontariste en matière de transports publics. Pour ce faire, la crĂ©ation d’une cellule de prospective pour les besoins en Ă©quipements et infrastructures des transports publics est proposĂ©e. De plus, le CSAT fait sienne l’idĂ©e d’une cellule de mobilitĂ© dont le champ d’action ne se limiterait pas au territoire luxembourgeois.

S’il est vrai que l’avis du CSAT pose beaucoup de questions et devrait interpeller les acteurs et actrices politiques Ă  agir rapidement, il ne fait pas dans le dĂ©faitisme face Ă  une tâche qui pourrait paraĂ®tre insurmontable Ă  cause des dĂ©ficits accumulĂ©s depuis des dĂ©cennies. En ce qui concerne la discussion sur la possibilitĂ© d’avoir 700.000 habitant-e-s sur le territoire du Grand-DuchĂ©, le CSAT se montre franchement optimiste. „Le Luxembourg connaĂ®t une des densitĂ©s de population les plus faibles par rapport aux rĂ©gions limitrophes. Il semblerait que les 118 communes du Grand-DuchĂ© aient des disponibilitĂ©s de terrains Ă  construire pouvant facilement accepter une population d’un million d’habitants“, nous disent les auteur-e-s de l’avis et ne voient dès lors pas d’obstacle majeur Ă  une augmentation significative de la population!
______________________

Pour plus d’informations: http://www.etat.lu/MI/MAT/index.htm

Dat kéint Iech och interesséieren

NEWS

Neue Gentechnik-Regeln in der EU

Am vergangenen Mittwoch stimmte das EU-Parlament für eine Schwächung der Regeln zur Gentechnik. Sogenannte „neue genomische Techniken“ (NGT) – allen voran die „Genschere“ Crispr-Cas – fallen demnach nicht mehr unter die strengen Kennzeichnungspflichten, die für „traditionelle“ Gentechnik bestehen. Das Argument, das Industrie, Kommission und am...

NEWS

Acier : gros profits et petites ambitions climatiques

Ils sont favorables aux objectifs de réduction des émissions de CO2 de l’UE et ils y ont beaucoup investi, disent-ils. Mais maintenant, cela leur coûte trop : ArcelorMittal, Voestalpine et Thyssenkrupp Steel ont uni leur plume cette semaine pour lancer « un appel commun en faveur d’une réforme urgente et pragmatique du système communautaire...

NEWS

Reegelwierk fir d’Liicht Sprooch

Leschten Dënschdeg huet den Zenter fir d’Lëtzebuerger Sprooch (ZLS) seng éischt Broschür fir d’Liicht Sprooch Lëtzebuergesch mat Reegelen a Recommandatioune fir eng inklusiv Kommunikatioun ouni sproochlech Barriäre publizéiert. De Kulturminister Eric Thill bezeechent d’Liicht Sprooch am Pressecommuniqué als e „konkreete Schrëtt a Richtung méi...

NEWS

Jahresbericht des CELPL: Neue Aufgaben

Der CELPL, Luxemburgs externe Kontrollinstanz für Orte des Freiheits- entzugs, hat seinen Jahresbericht 2025 vorgestellt. Neben Mängeln in Gefängnissen und psychiatrischen Einrichtungen kündigt er darin für dieses Jahr eine Erweiterung des Mandats an.