POLICE: Souffre-douleurs ?

von | 24.03.2011

Comme chaque année, l’assemblée générale du syndicat de la police grand-ducale reflète les doléances des forces de sécurité : eux aussi se sentent victimes.

Depuis jeudi matin un message d’excuse s’affiche sur la première page du site du syndicat de la police (SNPGL). En effet, les syndicalistes expriment leurs regrets aux quelques 200 collègues qui ont du faire marche arrière devant la salle comble à Hesperange où s’est tenue la réunion annuelle. Un tel intérêt reflète bien l’inquiétude des forces de police face à leur situation et leur futur.

Comme toujours la police se sent mal-aimée et pas assez valorisée. « Nous ne sommes pas les idiots de la nation », a précisé le président du syndicat Aly Ressel.

Pourtant, les forces de l’ordre luxembourgeoises ne sont pas malmenés par l’opinion publique. Pour vérifier cela il n’y a qu’à revenir sur quelques affaires récentes où ils ont bénéficié d’un soutien sans faille de – presque – tout le monde. L’affaire Schmit par exemple, où c’est le ministre qui a du faire une marche arrière et se faire sauver en dernière minute par Jean-Claude Juncker. Personne n’a vraiment mis en cause la policière qui s’est plainte à sa hiérarchie. Plus graves encore les histoires impliquant les usages d’armes à feu de la part des policiers, comme en Belgique où il y a même eu mort d’homme. Sans oublier la tristement célèbre affaire « Maulusmillen » : dans tous les cas les policiers ont été lavés de tout soupçon.

Mais apparemment même l’augmentation promise de leurs effectifs – plus 500 policiers dans les années à venir – ne leur suffit pas. C’est la réforme de l’administration publique qui fait monter les policiers aux barricades et surtout les baisses de salaire pour les nouvelles recrues et la disparition de certaines primes. En fait, il semble bien que la police grand-ducale se sente toujours un peu en-dessus des choses. On le voit aussi bien dans leur refus total d’un hypothétique système d’évaluation. Si l’application d’un tel système aux forces de l’ordre peut poser problème – comme par exemple en France, où le systèmes des quotas de Sarkozy a mené à une augmentation boulimique des gardes-à-vues – cela ne veut pas dire que plus de contrôle sur les contrôleurs serait forcément contreproductif. Tout au contraire : on attend toujours une réforme de l’inspection générale de la police, instance pas assez indépendante pour vraiment inspirer confiance. Mais cela n’appartient pas aux revendications syndicales.

Par contre une autre revendication est presque passée inaperçue dans la presse nationale de ce jeudi : celle d’augmenter le niveau des recrues. La SNPGL veut qu’au futur les brigadiers aient au moins une classe 3e classique ou d’onzième technique, et les lieutenants au moins le bac. On peut se demander pourquoi cette revendication est si peu médiatisée alors que selon Claude Strotz du service presse de la police – qui n’est pas membre du syndicat lui-même – elle est tout sauf nouvelle.

Il semble un peu que la police est victime de sa bonne image dont elle jouit auprès de l’opinion publique et que cette dernière ne tolère pas que « leur » police apparaisse faible. Une fausse bonne idée, car elle ne permet pas d’avancer et d’améliorer la police dans l’intérêt de tous.

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