BLUES/ROCK: Jon’s in the House

La venue de la « Jon Spencer Blues Explosion » est sûrement un des points forts de cette saison à la Kulturfabrik. Et pas seulement pour les amateurs de sensations fortes.

Célèbre le blues de l’homme blanc :
Jon Spencer et sa
Blues Explosion.

Si on disposait d’un scanneur spécial pour lire l’histoire des rides sur les visages, alors celui de Jon Spencer nous raconterait sûrement pleins de détails sur la scène fulgurante new-yorkaise de la fin des années 80 et début 90. C’est vers cette période que le jeune Spencer, originaire de Hanover dans le New Hampshire, débarque dans la grande pomme pour y faire sa carrière dans l’underground musical. Une scène qui, à ce moment de l’histoire, explose dans tous les sens avec sa partie « no wave » et « noise », qui est en train de se populariser grâce aux figures de proue que sont Sonic Youth ou The Swans, et sa partie punk expérimentale à la limite de la performance, avec notamment la poétesse Lydia Lunch. Mais Jon Spencer n’est pas qu’un simple suiveur de modes musicales, au contraire, il veut imposer sa propre marque à partir de sa façon de vivre la musique : spontanée, enragée et surtout ancrée dans le blues.

Alors que cette musique n’est pas vraiment à la mode dans l’avant-garde musicale, il réussit tout de même à gagner en notoriété grâce aux performances enragées de sa première formation qui répondait au nom de Pussy Galore. Un groupe resté dans les annales non seulement pour sa vitalité, mais aussi à cause de son line-up changeant en permanence, même le premier batteur de Sonic Youth, Bob Bert, fit partie de la formation pendant un certain temps.

Pour des raisons qui seraient trop compliquées – et pas assez pertinentes – à raconter ici, Pussy Galore a mis la clé sous la porte en 1990. L’année d’après, la Jon Spencer Blues Explosion voit le jour. Et même si ce nom résonne un peu comme l’écho de l’égocentrisme du meneur, il est absolument indiscutable que le son du groupe doit autant à lui qu’à ses deux comparses que sont Judah Bauer et Russell Simins.

Né de jams improvisées à la fin de répétitions de Pussy Galore, l’Explosion hausse la notion de spontanéité à un niveau rarement atteint, et pas seulement lors des nombreuses apparitions en live du groupe, mais aussi et surtout sur les enregistrements, où ils forment un contre-point au son sirupeux et lourd que concoctent à cette époque des groupes réunis autour du producteur Butch Vig, comme Nirvana ou The Smashing Pumpkins. Mais contrairement à ces « rivales », la Jon Spencer Blues Explosion va perdurer et même monter dans les hit-parades, surtout grâce à leur mythique album de 1994 intitulé « Orange ».

Pourtant, leur carrière est loin d’être unilatérale et tous les trois membres s’occupent parallèlement d’autres projets. Pour Jon Spencer, le plus connu sera Boss Hog, un groupe qu’il anime avec sa femme Cristina Martinez et qui a déjà fait la joie des fans de la Kulturfabrik il y a quelque temps. En même temps, Russell Simins a entamé une carrière solo remarquée. Aussi, la liste d’artistes connus qui ont voulu s’assurer la collaboration des trois bluesmen blancs se lit comme le Who is Who de chaque collection de disques un tant soit peu éclectique et de bon goût : Alec Empire, Elliott Smith, Beck, Solomon Burke, Rufus Thomas, DJ Shadow, Steve Albini ou encore les Beastie Boys, pour n’en nommer quelques-uns.

En tout donc, les spectateurs qui trouveront le chemin à la Kulturfabrik le 8 juin prochain, auront la chance de découvrir que l’homme blanc a aussi le blues, mais qu’il ne le chante pas avec mélancolie – il hurle de rage et de joie de vivre.

A la Kulturfabrik, le 8 juin.


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