MISSION ÉCONOMIQUE EN CORÉE DU SUD: Soldes ! Le Luxembourg à moins 40 %

La plus grande mission économique jamais entreprise par le grand-duché en Asie du Sud-Est porte déjà les marques du nouveau gouvernement: exit la finance, vive l’industrie !

Le « Champ » de l’ACF –
Champ Cargosystems.

La Corée du Sud, pays des chaebols, pays qui a ressurgi des ruines de la guerre en 1953 pour devenir un des quatre Dragons asiatiques est depuis longtemps une destination de premier choix pour le grand-duché. Qu’il s’agisse des volontaires de notre armée qui ont combattu contre les communistes ou des hommes d’affaires – les premiers ayant ouvert la voie aux seconds, car les Coréens du Sud sont toujours très reconnaissants envers les nations qui les ont aidés à repousser les troupes de Kim Il-Song -, les relations entre le Luxembourg et la Corée du Sud n’ont pas attendu la signature de l’accord de libre-échange entre Séoul et l’Union européenne pour être cordiales. Au contraire, la première joint-venture entre Kiswire et l’Arbed a été créée en 1979 et le « Luxembourg Trade and Investment Office » de Séoul a été fondé en 1997.

Firme perdue, emplois retrouvés

Depuis, un grand nombre de missions économiques ont été effectuées, mais jamais auparavant celles-ci n’avaient eu une telle ampleur qu’aujourd’hui. Sont présentes des firmes de l’ICT, de la logistique, des industries créatives comme le film ou les jeux vidéo. Mais curieusement – la Société générale mise à part – aucun représentant du secteur financier. Ce qui fait tout de même que 40 pour cent du PIB du pays manquent à l’appel. Certes, une deuxième mission, non médiatisée, devrait avoir lieu cette année avec le secteur financier, et on assure que ce serait plutôt une affaire de non-concordance de dates – pourtant la volonté du Luxembourg de se donner une nouvelle image en mettant en avant ses autres industries n’y est peut-être pas totalement étrangère. Même si la place financière a émergé çà et là dans les présentations et séminaires.

Quoi qu’il en soit, la stratégie semble avoir payé, en tout cas selon le résumé que le ministre de l’Economie, Etienne Schneider, a fait devant la presse. Parmi les très bonnes nouvelles figurent en première ligne Circuit Foil et Hyosung. Le premier – fabricant de composants en cuivre – avait été discrètement vendu en été par Arcelormittal aux Sud-Coréens de Doosan, qui auraient promis d’investir massivement dans cette usine déficitaire et de créer de nouveaux emplois. Même son de cloche chez Hyosung, fabricant de fibres synthétiques, aussi en difficulté : les emplois ne seraient plus menacés et la firme pourrait même embaucher dans le futur. En ce qui concerne les lendemains qui chantent, la délégation a effectivement rendu visite à un des plus grands chaebols sud-coréens : Hyundai Mobis. Les résultats obtenus par l’« Automotive Cluster » semblent prometteurs. Ainsi P&T Luxembourg aurait ouvert des portes en proposant des composants de communication au fabricant de pièces de voitures, un deal qu’il a déjà signé avec PSA en Europe.

Du point de vue de la logistique, la foire internationale du fret aérien à Séoul – l’Air Cargo Forum and Exhibition (ACF) – a été la scène idéale pour le fournisseur de solutions informatiques de fret aérien Champ Cargosystems, filiale à 49 pour cent de Cargolux, pour annoncer la signature d’un juteux contrat avec Cathay Pacific Cargo, un grand player dans la branche. Finalement, le producteur de jeux en ligne Nexon, déjà établi au Luxembourg, a assuré vouloir agrandir son équipe et coopérer avec la plateforme « Digital Luxembourg » également afin de mieux former des créateurs sur place.

En d’autres mots : les lendemains chantent harmonieusement en Asie du Sud-Est, pour le moment du moins.


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