Corona : la liberté de la presse prise en grippe

von | 25.03.2020

Les états d’exception décidés pour des raisons sanitaires peuvent aussi servir de prétexte à des régimes autoritaires pour supprimer la libre parole des journalistes et des citoyen-ne-s. Reporters sans frontières propose désormais une page consacrée aux répressions en relation avec la pandémie.

(©Sebaso – Wikimedia)

Nous en avions parlé la semaine dernière, en évoquant le cas de notre collègue slovène Blaž Zgaga – menacé et vilipendé en public pour avoir mis en question la composition opaque du QG de crise mis en place par le gouvernement d’extrême droite dans son pays. D’ailleurs, les membres de l’ICIJ se sont mobilisé-e-s pour Zgaga et ont signé une lettre ouverte distribuée aussi largement que possible.

Malheureusement, la Slovénie n’est pas le seul pays doté de dirigeant-e-s autoritaires qui sentent le moment venu pour frapper fort contre la liberté d’expression et la presse non amie. Sans surprise, c’est la Hongrie de Viktor Orbán qui s’est montrée la plus gloutonne. Ainsi, cet ex-démocrate a proposé une loi lui permettant de gouverner par décrets et d’emprisonner des diffuseurs-euses de « fausses nouvelles » pendant cinq ans. Qui connaît la propagande mensongère massive sur laquelle est assis le pouvoir du parti de Viktor Orbán ne peut qu’en ressentir un profond malaise. Malaise que ressentent aussi le ministre des Affaires étrangères, Jean Asselborn, qui en a parlé lors de sa conférence de presse ce lundi, et son collègue socialiste au Parlement européen, qui a fait part de sa profonde préoccupation par voie de communiqué de presse.

Hors Europe, ce sont les suspects habituels qui profitent de la pandémie pour peaufiner leurs mécanismes répressifs. Sur son site, RSF décline la liste : Chine, Iran, Venezuela, Honduras, etc. Outre les attaques contre les journalistes, le site recense aussi les mesures de surveillance massivement augmentées dans certains pays, sous couvert de la crise sanitaire.

Bref, quand tout cela sera fini, il faudra de gros efforts de la société civile pour freiner les ardeurs des (trop) puissant-e-s.

 

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