Bilan parlementaire : Ça schtroumpfe pour les Bleus

Un parti démocrate plus que satisfait s’est présenté devant la presse ce lundi. Et le DP a toutes les raisons de l’être : sa vision politique domine la coalition, le mettant à l’abri des quiproquos idéologiques dont souffrent ses partenaires.

(© woxx)

C’est dans le décor feutré et aisé du restaurant Schéiss que les libéraux ont choisi de livrer leur bilan de la session parlementaire à la presse ce lundi midi. Présenté par leur chef de fraction Eugène Berger, l’exercice a été aussi court que plaisant. La saison parlementaire a été brève. Néanmoins, selon le député libéral : « Ce n’est pas la quantité, mais la qualité des projets de lois qui compte pour le DP. » Et de citer les promesses électorales tenues comme la hausse du salaire minimum et le Revis. Tout en insistant sur le fait, concernant ce dernier, que l’État se charge de deux tiers des frais, tandis que les entreprises n’en payent qu’un tiers : une garantie pour leur compétitivité, tout en faisant dans le social, selon le DP.

Que les libéraux aiment se montrer sous une lumière plus que généreuse, c’est l’impression récurrente au cours de la courte conférence de presse : « Jamais auparavant les investissements au Luxembourg ont été si importants, et jamais auparavant nous n’avons investi de telles sommes dans le social », a martelé Berger, oubliant au passage que les inégalités sociales sont aussi croissantes que le risque de pauvreté, depuis l’ascension de son parti aux plus hautes responsabilités de l’État.

« Mir hunn vill Spaass »

Mais ces chiffres ne troublent pas outre mesure le bilan du DP qui a toutes les raisons d’être content de lui-même : les victoires électorales récentes, la composition de la nouvelle coalition (pour laquelle les libéraux se sont débarrassés de ministères problématiques comme le Logement, la Culture et l’Immigration, tout en conservant le portefeuille clé des Finances), enfin l’accord de coalition qui porte une large touche bleue. D’ailleurs Berger ne s’en est pas caché, affirmant que le chapitre sur la mobilité dans « l’accord de coalition est quasiment un copier-coller de notre programme électoral ».

Aux éléments qui font dire au chef de fraction que son parti « a beaucoup de plaisir à gouverner » s’ajoute aussi le budget 2019 – « un highlight » – qui démontrerait qu’il serait possible d’équilibrer l’État central et de désamorcer la spirale de la dette tout en continuant d’investir comme jamais. Bref, c’est à se demander pourquoi le DP ne règne pas seul sur le pays.

Restent les points plus critiques, que Berger a certes évoqués mais aussi rapidement évacués : la crise de la réforme de la Constitution provoquée par le CSV et qui ne serait que de la « politique politicienne et qui pose la question de savoir si les conservateurs sont toujours capables de soutenir l’État », et bien sûr la fâcheuse affaire du fichier central (qui n’est pourtant pas leur affaire), dans laquelle le chef de file libéral a promis que son parti œuvrait à une loi spécifique pour encadrer les bases de données problématiques de la police et de la justice.

Bref, rien de bien dramatique à cette fin de saison parlementaire pour le DP – que de bonnes nouvelles et un peu d’ironie entre les lignes pour les partenaires de coalition qui, eux, auront plus de mal à défendre une ligne politique cohérente.


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