Catherine Gaeng : « Donc, nous avons menti au public »

von | 01.06.2021

L’épouse de l’ex-directeur du Mudam récidive avec un second mémoire dédié à l’affaire Lunghi, aussi bien juridique que politique et médiatique. Dommage que le ton polémique n’aide pas vraiment à la crédibilité du propos.

Dans « Lynchage médiatique et abus de pouvoir – Chronique de l’affaire ‘Lunghi/RTL/Bettel », Catherine Gaeng s’est appliquée à retracer les événements et leurs répercussions médiatiques qui ont mené son mari hors du Mudam : d’abord l’interview de la journaliste Sophie Schram, pendant laquelle a eu lieu la fameuse « altercation » qui n’en était pas une, et puis quelques mois plus tard quand Lunghi démissionna du musée d’art moderne, qui n’en est pas un non plus.

Le deuxième tome se nourrit des interrogatoires menés par la police judiciaire et la juge d’instruction, ainsi que du fameux rapport d’audit interne, rédigé en réaction à l’affaire et que la justice a dû saisir dans les locaux de RTL. Gaeng démonte les mécaniques internes de la défense des inculpés – Enrico Lunghi avait en effet déposé une plainte contre X pour diffamation et calomnies – et la petite cuisine interne du monopoliste télévisuel, qui à ce moment ne sentait définitivement pas bon. Ce sont surtout les renvois de balle entre les inculpés – en première ligne Marc Thoma et Sophie Schram – et leurs tentatives de se poser en victimes qui mettent mal à l’aise. De toutes les personnes mêlées à l’affaire, seule une arrive à mettre en avant une certaine probité : Alain Rousseau, le rédacteur en chef, qui a quitté l’entreprise peu après.

Choquant aussi le peu d’estime que le journaliste Marc Thoma semble avoir pour le Conseil de presse. Interrogé sur le blâme que ce dernier lui avait signifié en conséquence au faux montage du fameux « reportage » incriminant Enrico Lunghi de coups et blessures contre Sophie Schram – des blessures qui sont apparues miraculeusement une petite douzaine de jours après les faits –, il l’explique par le fait que le conseil serait dominé par des concurrents médiatiques qui n’auraient voulu que faire du mal à RTL. Rappelons que le Conseil de Presse est plutôt avare en ce qui concerne la distribution de blâmes et que l’Alia qui surveille le secteur télévisuel avait fait de même.

Ce qui compte, c’est que ce livre établit une fois pour toutes qu’il ne saurait y avoir une interprétation définitive de cette affaire. Le procès se fait toujours attendre, et d’ici là tous les coups sont permis. En parlant de coups, Gaeng en distribue pas mal dans son livre-pamphlet, et c’est très dommage, parce que le ton souvent acide, les mises en cause personnelles et les jugements sarcastiques enlèvent à sa tentative de tirer l’affaire au clair ce brin de lucidité raisonnable qui lui aurait fait du bien. Et puis c’est un peu fatigant à lire aussi. Certes, l’épouse d’Enrico Lunghi est dans la fâcheuse situation de ne pas pouvoir prétendre à l’objectivité quand elle évoque ce foutoir ; pourtant, ce n’est pas une licence pour flinguer à tout-va. Bref, une vraie analyse plus objective de l’affaire est encore à écrire. Entre-temps, l’ouvrage de Catherine Gaeng livre de précieuses informations sur ce qui s’est passé en coulisses.

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