L’an prochain, l’accord de Paris devra donner ses premiers rĂ©sultats. Les travaux se sont poursuivis cĂ´tĂ© finance comme cĂ´tĂ© amĂ©lioration des engagements – mais avec quels rĂ©sultats ?

En route, vers quel avenir ? Manif à vélo du 4 novembre.
(Wikimedia/GPSLeo/PD)
À Bonn, a-t-on avancé en direction d’une transposition de l’accord de Paris ? Non, si l’on considère les prévisions de montée de température les plus récentes, loin au-dessus des 1,5 ou 2 degrés auxquels les pays se sont engagés (lire la première partie de cet article). Mais d’autres domaines doivent aussi être considérés.
La finance climatique au centre des débats
À Paris, les pays industrialisés s’étaient engagés à apporter une aide financière à la lutte contre les causes et effets du changement climatique dans les pays en voie de développement (PVD). Or, le fameux Green Climate Fund, qui doit mettre à disposition 100 milliards d’euros par an à partir de 2020, n’est toujours « rempli » qu’aux deux cinquièmes. Et encore, c’est selon la méthode de calcul de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), basée sur d’importants effets de levier. L’ONG Oxfam, citée par Euractiv, estime qu’au contraire, on n’en est qu’à moins de 15 milliards.
Sur le fonds d’adaptation, spécialisé dans les projets à petite échelle, les PVD ont obtenu à Bonn des engagements de la part des pays industrialisés (voir l’excellent bilan sur le site Carbon Brief). Reste la question des dommages et intérêts : les pays industrialisés devraient-ils dédommager les PVD, puisque c’est eux qui, historiquement, ont le plus profité des ressources fossiles et ont le plus contribué au réchauffement climatique et donc aux dommages qu’il cause ? Déjà lors de la COP21 à Paris, le sujet était controversé, et les négociations n’ont guère avancé lors de la COP23.
Dites « Talanoa »… et les émissions seront réduites
CĂ´tĂ© chiffres, ce n’est pas seulement les dollars additionnels qui comptent. Il faudra Ă©galement rĂ©duire la quantitĂ© de CO2 Ă©mis par rapport aux engagements pris par les pays en 2015. L’accord de Paris prĂ©voit des nĂ©gociations en vue d’objectifs plus ambitieux tous les cinq ans, mais seulement Ă partir de 2023. D’ici lĂ , pour ne pas perdre trop de temps, un « dialogue facilitatif » est prĂ©vu (dĂ©tails voir woxx 1350). Ă€ Bonn, sous la prĂ©sidence des Fidji, on l’a renommĂ© « Talanoa dialogue », un terme dĂ©signant l’approche traditionnelle fidjienne de dĂ©libĂ©rer collectivement – et soulignant la volontĂ© de discuter de manière constructive plutĂ´t que confrontative.
C’est lors de la COP24 à Katowice l’an prochain qu’on pourra voir si cette approche aura suffi à faire bouger la communauté internationale. En attendant, la manière dont les engagements nationaux sont comptabilisés n’est pas bien définie. Sur ce sujet, la COP23 a compilé un document de 179 pages, qui témoigne à la fois du travail accompli… et de l’ampleur des désaccords. Ah, l’enthousiasme de décembre 2015 à Paris n’est plus qu’un lointain souvenir !
C’est ce qu’a dĂ» se dire le prĂ©sident français Emmanuel Macron, qui organise une rencontre baptisĂ©e « One Planet Summit » Ă Paris le 12 dĂ©cembre, anniversaire de l’aboutissement des nĂ©gociations d’il y a deux ans. Ă€ part le vague souhait de « remobiliser la communautĂ© climatique », les objectifs de l’évĂ©nement ne sont pas très clairs – le rĂ©seau Euractiv parle mĂŞme d’un « marchĂ© de NoĂ«l du greenwashing ». Le woxx suivra les discussions autour de ce sommet et les placera dans le contexte des dĂ©saccords intraeuropĂ©ens sur le sujet.

