Domopoétique : Foyer de création

von | 10.06.2021

Après « Domopoetic Works » fin 2017, la galerie Simoncini offre une nouvelle carte blanche au couple Pierre Joris-Nicole Peyrafitte. Leurs « Actions/travaux karstiques » se déploient sur les trois étages du lieu, proposant une exploration écologique de la vie domestique au moyen de peintures, textes et vidéos.

Une vue de la « Canopée », au premier étage de la galerie Simoncini. (Photos : Céline Delayer)

Alors que les préparatifs s’achèvent, que les derniers micros sont connectés, que les caméras sont branchées, le ciel s’assombrit soudain. L’orage approche ; le début de la performance d’ouverture de l’exposition aussi. Des trombes d’eau s’abattent sur la ville, et puis tout se calme avant que Pierre Joris et Nicole Peyrafitte entament leur dialogue d’un étage à l’autre par haut-parleurs interposés. Reste au-dehors la pénombre qui tarde à se dissiper, « une atmosphère irréelle bienvenue », comme l’ont confié les artistes juste avant de commencer. La couche nuageuse devient moins épaisse lorsque débute la performance d’« action painting » au rez-de-chaussée, permettant à quelques curieux et curieuses de suivre la belle énergie de Joris et Peyrafitte depuis l’extérieur.

La météo presque sauvage n’aurait pas pu mieux choisir son moment : dans « Actions/travaux karstiques », c’est la conscience écologique qui est mise à l’honneur. Si l’environnement est évidemment présent dans l’exposition, il faut cependant signaler que le couple prend ici la notion d’« écologie » dans le sens propre du terme, soit « science de l’habitat » en grec. Joris et Peyrafitte continuent donc leur petit bonhomme de chemin domopoétique, convertissant leurs activités ménagères communes en images et en mots, tout comme les images et les mots alimentent leur vie à deux. Pour cette deuxième édition à la galerie Simoncini s’ajoute le terme « karstique », faisant référence à ce processus de dissolution des roches sédimentaires qui forme des paysages particuliers. « Par un principe d’infiltration similaire, la langue se transforme en poème, le souffle en chant et la craie pigmentée devenue pastel marque le papier et la toile », peut-on lire dans le dossier de presse de l’exposition.

Il ne faudrait pas croire pourtant, après ces explications pointues, que les travaux présentés soient conçus de façon exclusivement intellectuelle. Bien au contraire, ceux-ci reflètent une harmonie (de couple) et une connexion à la nature parfois quasi primales. En témoigne la performance d’ouverture entièrement désinhibée où, dans des positions insolites, Nicole Peyrafitte, usant de pigments d’origines variées et discourant sur la qualité des œufs achetés au marché, jette sur les papiers tenus acrobatiquement par Pierre Joris des traces, des lignes, des taches… jusqu’à former les œuvres exposées dans la vitrine. Qu’elle se réserve, d’ailleurs, de retoucher plus tard si nécessaire. Comme dans la vie de couple, l’improvisation côtoie ici la planification.

Entre le « Sanctuaire » du sous-sol, consacré à l’intime, et la « Canopée » de l’étage, où les relations entre les espèces sont évoquées, l’« Abri karstique » du rez-de-chaussée vient cristalliser l’action de transformation des processus domestiques, voire politiques (on peut notamment y regarder les contributions du couple à la campagne « Writers against Trump ») en œuvres d’art, en poèmes ou en vidéos. Travail de création et travail ménager se confondent dans une étonnante symbiose, fruit d’une relation de plus de trente années. On entre ainsi dans l’intimité d’un couple, sans voyeurisme, mais avec le frisson de qui s’apprête à pénétrer dans un univers où l’art est total.

Jusqu’au 15 juillet à la galerie Simoncini.

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