Droits humains : Le fonds souverain norvégien lâche Socfin

von | 13.03.2026

Après le fonds de pension suisse BVK, le fonds souverain norvégien se désengage de ses investissements dans Bolloré. En cause, les atteintes présumées aux droits humains liées aux activités de la multinationale luxembourgeoise Socfin, dont le financier français contrôle un tiers des parts.

Des activistes dénoncent les agissements de Socfin, avant la tenue d’une assemblée générale des actionnaires de l’entreprise, à Luxembourg, en 2023. (Photo : dr)

Le fonds souverain norvégien a annoncé le 26 février son désengagement du groupe de Vincent Bolloré, en raison de problèmes de droits humains dans les plantations de palmiers à huile et d’hévéas de Socfin. Le milliardaire français d’extrême droite est actionnaire à hauteur de 34,7 % de cette multinationale domiciliée au Luxembourg. La décision du fonds norvégien vise ses participations dans Bolloré SE et dans Compagnie de l’Odet SE, soit 90 millions d’euros, qui ont déjà été vendues l’année dernière.

Il y a deux ans, le comité d’éthique du fonds avait recommandé l’exclusion de ces deux entités « en raison du risque inacceptable qu’elles contribuent à ou soient responsables de sérieuses violations de droits humains ». L’organisme indépendant avait précisé que « les violations du droit sont liées aux activités de la Société financière des caoutchoucs (Socfin), qui a des liens étroits avec la Compagnie de l’Odet SE et Bolloré SE, et dans laquelle Bolloré SE est un actionnaire significatif ». Un « dialogue » engagé par le fonds norvégien avec le groupe Bolloré « sur sa gestion des risques liés aux droits humains, aux violences sexuelles, au harcèlement et aux violations en matière de droit du travail » n’a pas abouti.

La décision norvégienne suit une décision identique prise en 2025 par BVK, le premier fonds de pension suisse, après une recommandation de l’Association suisse pour des investissements responsables, qui avait tenté de dialoguer avec Socfin pendant trois ans avant de jeter l’éponge.

Socfin exploite 390.000 hectares de palmiers à huile et d’hévéas et emploie plus de 57.000 personnes dans une dizaine de pays en Afrique et en Asie. Les problèmes d’accaparement des terres, de pollution, de mauvaises conditions de travail et d’abus sexuels sur les plantations sont dénoncés de longue date par les communautés concernées et par la société civile, y compris au Luxembourg. L’annonce du fonds norvégien a été saluée par une trentaine d’ONG mobilisées autour des populations affectées. « Depuis trop longtemps, le groupe Bolloré prétend ne pas être responsable des abus dont nous sommes victimes et, par conséquent, ces abus se poursuivent. Cela ne peut pas continuer », a commenté Félicité Ngo Bissou, de l’Association des femmes riveraines de Socapalm Édéa (l’une des innombrables filiales de Socfin), au Cameroun. « Il est grand temps que les investisseurs prennent des mesures contre Socfin et Bolloré », a ajouté la responsable associative.

Une enquête aux résultats « consternants »

Les ONG rappellent qu’une enquête menée en 2024 à la demande de Socfin par la fondation suisse Earthworm Foundation a abouti à des résultats « consternants » : « 59 % des plaintes ont été jugées fondées, à des degrés divers, et 85 % de celles-ci ont été considérées comme relevant de la responsabilité de l’entreprise. »

Contactée par le woxx pour commenter son exclusion du fonds norvégien, Socfin a répondu par un communiqué initialement destiné à l’agence de presse économique Bloomberg, dont un article publié le 6 mars lui avait déplu. L’entreprise précise que le groupe Bolloré est un actionnaire minoritaire (l’autre actionnaire étant la famille belge Fabri) et qu’il n’intervient pas dans la gestion quotidienne de l’entreprise. Elle déplore aussi ne pas avoir été directement sollicitée par le fonds norvégien, ce qui n’aurait pas permis à celui-ci « d’apprécier pleinement les mesures mises en œuvre, les progrès réalisés et les systèmes de gestion plus larges désormais en place ». Affirmant prendre « très au sérieux » les allégations portées contre elle, Socfin soutient notamment avoir renforcé ses « politiques et procédures en matière de violence et de harcèlement sexuel » et avoir veillé à la mise en place de « mécanismes supplémentaires de signalement et d’escalade ». La société se targue aussi d’avoir noué un partenariat avec Dignity in Work for All (DIWA), une ONG « spécialisée dans les droits de l’homme et des travailleurs ». Des mesures visiblement insuffisantes aux yeux du fonds souverain norvégien, le premier au monde, avec 2.200 milliards d’actifs en gestion.

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