« Lieu de rencontre »

von | 29.05.2018

Quelques jours après l’Union des entreprises (UEL), l’OGBL a dévoilé à son tour ses « propositions et revendications aux partis politiques ».

André Roeltgen a jugé « inacceptable toute manipulation » au niveau de l’indexation des salaires. (source: Facebook OGBL)

Sur un ton faussement conciliant, l’UEL avait tenu, la semaine dernière, à rappeler « à la sphère politique » que si l’économie se trouvait bien au service de la société, l’entreprise constituerait toujours le « lieu de rencontre essentiel entre l’intérêt privé et intérêt général ». L’occasion donc de rappeler avec condescendance, qui est à l’origine de la croissance actuelle et de l’idylle permettant au gouvernement de caresser syndicats et électeurs dans le sens du poil. Et de lâcher sur lui la bête affamée de l’opposition.

Pour cela rien de mieux que la peur que suscite le spectre d’une perte de productivité ou d’un gouvernement irresponsable. Le Luxembourg, l’UEL le rêve en start-up nation, avec des entreprises où la digitalisation serait « un levier important pour accroître leur productivité et leur efficacité ». Pour cela, l’organisation patronale réclame un cadre légal plus favorable aux entreprises aussi bien sur le plan fiscal que celui de la sécurité sociale. Et une adaptation de l’organisation du travail « aux réalités du terrain », de même que « la prise en compte de nouvelles formes du travail ». Dans ce contexte, cela doit arranger plus d’un que le Luxembourg vient de perdre trois places dans le classement annuel de la compétitivité, édité par l’institut suisse IMD, en collaboration avec la Chambre de commerce.

Un État social fort

L’OGBL quant à lui n’a pas tardé à réagir en exigeant le maintien absolu du système d’indexation des salaires, jugeant « inacceptable toute manipulation » comme le soulignait lundi André Roeltgen. Ce dernier a profité de l’occasion pour demander une nouvelle fois une réduction du temps de travail, mettre sur la table le dossier des comptes épargne-temps et exiger une augmentation du salaire minimum de 10 pour cent. En effet, pour le président du syndicat, quand on travaille 40 heures par semaine au Luxembourg, on doit pouvoir « vivre dignement sans avoir besoin de recourir aux aides sociales ». Or sans les transferts sociaux, 27 pour cent de la population auraient du mal à joindre les deux bouts. À quoi vient s’ajouter le manque de logements abordables, dans le contexte duquel l’OGBL exige des mesures fortes pour plafonner le prix des terrains sur le marché afin que l’intérêt général prime sur l’intérêt particulier.

Fait est de constater que c’est l’UEL qui donne ici le ton tandis que l’OGBL semble surtout réagir. Ce qui soulève la question de savoir qui fixe les thèmes qui domineront les élections d’octobre prochain et de quelle façon. Ainsi, concernant la discrimination en cours sur le marché de logement, on aurait pu s’attendre de la part du syndicat à des positions plus audacieuses. Après tout, n’est-ce pas là le sujet sur lequel se rencontrent beaucoup de jeunes salariés ? Mais c’est peut-être trop attendre d’un syndicat dont les représentants appartiennent encore à la génération des propriétaires…

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