Polémique : « Uerg verschampeléiert »

von | 30.08.2018

Dans une question parlementaire adressée au ministère d’État, Fernand Kartheiser critique le rapport aux monuments historiques au Luxembourg.

En juin dernier, l’inauguration du monument aux victimes de la Shoah avait donné lieu à un épilogue peu commenté : le 22 juin, deux jours après la cérémonie, les passants boulevard Roosevelt découvrirent une énorme tribune, érigée tout près de la sculpture de Shelomo Selinger, et qui la cachait entièrement. 75 ans après la destruction des Juifs de Luxembourg, leurs descendants ont bien droit à une terre sacrée dans le tissu urbain de la ville de Luxembourg, mais qu’on cache à l’occasion de la fête nationale ? Visiblement, la ou les personnes en charge de la coordination du deuxième événement n’avaient pris la mesure de cette grosse bourde qu’en centimètres…

Pour Fernand Kartheiser, députée ADR, il ne s’agit pas d’un cas isolé : autour du Monument du souvenir (« Gëlle Fra ») le député conservateur note « permanent all méiglech Aktivitéiten », mais se demande si au fond le gouvernement ou la commune de Luxembourg se soucient des soldats morts. Ailleurs, au pied du monument Robert Schuman, les gerbes fanées ne seraient pas enlevées. Pire encore, le 4 juillet dernier, à l’occasion d’une marche blanche « am Gedenken un e verstuerwene Museker » à Esch-sur-Alzette, le monument du Musée national de la Résistance aurait été « uerg verschampeléiert » (dénaturé), comme le regrette Fernand Kartheiser dans sa question parlementaire adressée à Xavier Bettel le 11 juin dernier et qui le conduit à se demander « wéi mir mat eise Monumenter ëmginn an ob si ëmmer mat deem néidege Respekt behandelt ginn ».

Il s’agissait de l’hommage organisé en mémoire à Puto G, le rappeur portugais mort noyé au lac de Remerschen, le 30 juin dernier. La marche blanche organisée par la suite avait rassemblée plus de 300 personnes, dont beaucoup de Capverdien-ne-s, venu-e-s se recueillir sur un autel improvisé avec des bougies. Puto G, connu pour lutter contre les clichés véhiculés à propos des Capverdiens, était particulièrement apprécié par les gens de sa communauté.

Dans sa réponse, Xavier Bettel se contente de préciser qu’une bonne partie des monuments de souvenir se trouvent sur territoire communal et non sur des terrains appartenant à l’État. Par ailleurs, l’État respecterait tous les monuments dont l’entretien incombe à l’Administration des bâtiments publics.

Plus intéressant : la date de publication de la réponse de Xavier Bettel, une semaine après la publication de l’article du Contacto accusant le personnel du lac de Remerschen de graves manquements dans le contexte de la mort de Puto G. Histoire de faire rabattre le caquet à l’ADR ?

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