Aquasud : nouvelles vagues

Ils n’y sont pas allés avec le dos de la cuillère : lors du championnat national de natation qui s’est déroulé les 1er et 2 décembre, l’équipe differdangeoise SCD était apparue accoutrée de manière plutôt originale : les jeunes nageurs, leurs parents ainsi que les entraîneurs portaient des t-shirt noirs ornés d’un crucifix au-dessus de l’inscription « R.I.P. SCD ». Malgré l’étonnement général, y compris de l’échevin aux sports, Jean Lorgé (DP), le SCD craint vraiment de ne pas pouvoir fêter prochainement son 90e anniversaire. La raison ? Le nouveau gestionnaire du centre wellness controversé, le fameux Aquasud. Ce grand projet, qui devrait être finalisé l’année prochaine, initié par la ville de Differdange, est réalisé sur la base d’un « PPP » (partenariat public-privé). Autrement dit, le bâtiment est construit par la ville, mais la gestion est prise en main par une société privée, en l’occurrence la société française Vert Marine. En amont de la conclusion de l’accord entre la ville et Vert Marine, les critiques concernant ce partenariat s’étaient déjà élevées : elles redoutaient non seulement une privatisation rampante, mais aussi une perte de contrôle du public sur la gestion du centre. C’est en tout cas ce qui semble être à l’origine du mouvement de protestation lors du championnat. En effet, des responsables de la société auraient appris aux responsables du club de natation que Vert Marine allait reprendre l’entraînement des jeunes nageurs, ne laissant au club plus que la responsabilité des compétitions de haut niveau. Or, hormis le fait que ces compétitions tapent dans la caisse du sport, c’est surtout à travers l’encadrement des jeunes nageurs que le club se finance, grâce aux chèques-service et aux subsides accordés par enfant. En clair, le club risque de perdre les deux tiers de ses revenus, ce qui pourrait le forcer de mettre une fin à ses activités. Lors d’une session du conseil communal du 7 décembre, le conseiller Gary Diederich (Déi Lénk) avait interpellé le bourgmestre Claude Meisch (DP) pour savoir si cette version des faits correspond à la réalité. Sans donner plus de détails, Meisch affirma qu’un certain nombre de questions restaient à éclaircir et qu’il allait pour cela se réunir à nouveau avec Vert Marine. Et de promettre qu’« une solution sera finalement trouvée ». Il faudrait toutefois se méfier : Vert Marine, qui gère en France une bonne soixantaine d’installations nautiques, ne semble pas être un patron facile. L’an passé, un conflit social agita la société qui fut accusée par la CGT de ne pas respecter les cadences de travail des salariés. La ville de Differdange a intérêt à discuter de nombreux points avant d’avaliser définitivement un accord gagnant-perdant.


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