LSAP: Renouveau ?

Les socialistes ont « limité les dégats » et se retrouveront sans doute au gouvernement. S’ils ont ainsi remporté une bataille, cela ne les dispense pas de définir une stratégie de guerre.

Dimanche soir, vers 19 heures, Exit 07. La salle principale est remplie de militants du LSAP. On annonce le gain d’un siège au Nord. « Maintenant, il faut qu’on tienne le coup au Sud et au Centre », lance un militant, un sourire crispé aux lèvres. C’est que les premiers – mauvais – scores de la circonscription Sud sont connus, et que la soirée n’est pas finie.

Finalement, le résultat ne sera pas si mal, surtout en termes de sièges. En effet, même au Nord, les socialistes perdent 0,2 %, mais raflent le siège restant. Au Centre, un siège est perdu, mais au Sud, le parti tient bon de justesse. Et ce malgré des pertes de 3 % en moyenne, et qui dépassent les 5 % à Steinfort, Dudelange et Kayl. Bien entendu, une partie de ces voix est allée à Déi Lénk. Et, tout aussi significatif : à Mondercange, commune de Dan Kersch, figure de proue de l’aile gauche, le LSAP gagne 1 %.

Le Tageblatt cite Etienne Schneider, se félicitant du résultat suite à une participation gouvernementale : « un résultat historique ». Certes, on pouvait s’attendre à pire pour le LSAP, surtout après l’annonce des premiers résultats. Mais cela ne peut occulter qu’il s’agit du plus mauvais score de l’après-guerre – historiquement parlant.

Si la coalition à trois finit par se faire, les douloureuses pertes n’empêcheront pas que Schneider sera considéré comme un vainqueur – à l’image du général Pyrrhus. Même s’il n’est plus premier-ministrable, il dirige la délégation de négociation. Et même si celle-ci ne comporte que de vieux routiers, le LSAP contribuera au « nouveau départ » de la politique nationale. Ce qui soulève une question : si un arrangement avec le DP a pu être trouvé aussi rapidement dans des circonstances relativement défavorables, pourquoi les socialistes n’ont ils pas fait plus nettement campagne pour une coalition tricolore ?

Le pire a été évité

Le parti avait fait passer le message que même si le CSV devait rester au pouvoir, il fallait renforcer le LSAP, afin d’empêcher le pire. Désormais, la situation est différente : malgré les gains du DP, les socialistes et les Verts ensemble pèsent plus lourd, et devraient pouvoir imposer une orientation de gauche. C’est en tout cas ce qu’attendra l’OGBL, qui avait appelé à ne pas voter CSV. Ce qui a constituté un sacré coup de pouce à un parti avec lequel les relations avaient été tumultueuses durant ces dernières années. Le LSAP est-il vraiment prêt à incarner un autre rôle que celui du « moindre mal » ?

Dans le domaine des réformes sociétales, où les trois partis sont proches, le bilan des socialistes n’est pas glorieux – ce qui peut être une raison d’y saisir le leadership. Du côté de la politique sociale, le programme du LSAP reste souvent vague. Comme ceux de ses deux partenaires, ce qui devrait aider à trouver un accord et à le justifier devant les militants. Restent quelques revendications sur lesquelles les désaccords avec le programme du DP sont évidents : impôt sur les riches, approche très souple de la réduction de la dette, et surtout, maintien intégral du système d’indexation des salaires. C’est sur ces points que le LSAP pourra prouver que le timide tournant à gauche amorcé dans son programme était plus qu’une manoeuvre électorale.


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