Délinquance : sortons les pincettes !

(lc) – Même si c’est la police elle-même qui met en garde contre une surinterprétation des chiffres de la délinquance – il faudrait « prendre en considération (…) l’évolution démographique du Luxembourg » dans son analyse – rien n’y fait. Les grands médias ne voient que les gros chiffres et ceux-ci parlent une langue sans équivoque : la criminalité augmente (de 3,75 pour cent entre 2012 et 2013). Et avec elle, le sentiment d’insécurité qui fait si bien vendre du papier à coups de unes tapageuses. Alors qu’en même temps, selon le Statec, la population luxembourgeoise ne fait qu’augmenter d’année en année – 12.641 personnes de plus en 2013. Toutefois, il ne faut jamais oublier que les chiffres de la délinquance communiqués par la police ne comprennent que les crimes enregistrés – donc plus les gens signalisent des crimes, plus les chiffres augmentent. Et puis, on omet généralement de mettre en avant les bonnes nouvelles : stagnation en ce qui concerne les véhicules volés, recul en ce qui concerne les hold-up, recul aussi pour les homicides, dont un seul a été commis l’an dernier, et pour les attentats à la pudeur. Par contre, les viols signalés à la police sont en nette augmentation (56 en 2009 et 89 en 2013), tout comme les menaces et les diffamations. Mais ce sont les cambriolages dans les maisons habitées qui défraient la chronique (1.113 en 2012 et 1.327 en 2013) – que le Luxembourg soit une victime privilégiée de la « délinquance itinérante et organisée» est certes déplorable, mais s’explique aussi par ses limites géographiques exiguës, qui font de lui un présentoir irrésistible. Autre augmentation regrettable, qui dénote aussi un climat social tendu : les vols avec violence et les coups et blessures volontaires (qui n’augmentent que de 0,8 pour cent, mais qui pour la délinquance juvénile dépassent de loin les autres délits). Les affaires pour stupéfiants continuent aussi leur hausse en parallèle. Finalement, encore deux chiffres sont en baisse : les rébellions et outrages à agent et… le taux d’élucidation des délits (52,3 pour cent en 2009 et 44 pour cent en 2013).


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