ROCK ‚N‘ ROLL: Point d’hésitation

Que peut-on dire sur la bande de Trent Reznor qui n’ait pas déjà été dit en vingt-cinq années de carrière ? Le groupe Nine Inch Nails a déjà été l’objet de tous les superlatifs positifs comme négatifs au cours d’une carrière des plus grandiloquentes que le rock’n’roll ait connues depuis les années 1990.

Une rare prise de vue : Nine Inch Nails en travail d’équipe.

Connu autant pour sa musique hors du commun que pour son aspect esthétique ultraléché et provocateur qui aura valu au groupe d’être censuré maintes fois par MTV dans les années 1990, avec son rock écorché aux beats électroniques et à l’esthétique industrielle, Nine Inch Nails fait partie de ces groupes qui se sont faits la voix d’une génération. Il faut dire que Trent Reznor, leader et probablement unique membre permanent du groupe, ne fait jamais les choses au hasard. C’est pourquoi, depuis plus de vingt ans, il fait partie des gourous de la musique moderne. On peut notamment lui attribuer la découverte de Marilyn Manson, dont il sera le mentor pendant de nombreuses années, l’une des premières révoltes vis-à-vis du music business, avec la distribution de ses albums via l’internet, ainsi que la réalisation de huit albums qui ont fait de son groupe une légende musicale.

La carrière de Nine Inch Nails débute en 1988, lorsque Reznor décide de quitter son poste de keyboarder au sein du groupe Exotic Birds pour se consacrer à sa propre musique. Très vite, il enregistre ses premières maquettes qui constitueront un an plus tard le premier album « Pretty Hate Machine », posant les bases d’un rock martial fait de guitares acérées, de rythmiques électroniques et de samples de films divers. Dès sa sortie, l’album fait un carton et reste dans le Billboard américain pendant 113 semaines, ce qui en fait l’un des premiers albums indépendants à être certifié disque de platine.

Fort de ce succès, Reznor se lance dans l’écriture d’un deuxième album. « The Downward Spiral » sortira en 1994 et reste la pierre angulaire de la discographie de Nine Inch Nails. Ce « concept album » inspiré par Bowie ou Pink Floyd montre toute la démesure du personnage, qui, cette fois-ci, crée un univers musical encore plus large, où rage et désespoir se mêlent dans un maelstrom de distorsions numériques. La machine de guerre Nine Inch Nails est véritablement lancée à coups de concerts avec des mises en scène fastueuses, à l’image du leader mégalo qu’est devenu Reznor.

Suivront, avec une précision quasi métronomique, « The Fragile » puis « With Teeth », qui délaisseront petit à petit les guitares pour des sonorités plus épurées et électroniques, qui ramènent aux premières amours de Reznor et à sa passion pour Prince. La seconde moitié des années 2000 aura quelque peu raison de la musique de NIN avec un répertoire un peu moins inspiré. La faute en est, peut-être, à la croisade que Reznor mène contre les majors et à la diffusion de sa musique sur l’internet. Il revient l’année dernière avec « Hesitation Marks », qui reste dans la veine de ses prédécesseurs, entre electro à la Aphex Twin et pop froide dont monsieur Reznor a le secret. Les fans luxembourgeois se régalent d’ores et déjà de sa venue à la Rockhal, tant l’apparition de Nine Inch Nails en live est rare et d’une qualité étourdissante, avec bien souvent des projections et un light-show à tomber par terre et le sens du détail dont Trent Reznor a le secret depuis 25 ans : pourvu que ça dure !

A la Rockhal, le 16 mai


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