BLUES: Le point « G »

Les amateurs de gammes, d’arpèges et de tapping en tous genres vont très certainement se donner rendez-vous ce dimanche à la Kulturfabrik afin de réviser leur pentatonique avec le virtuose anglais Guthrie Govan.

Enfant prodige de la guitare : Guthrie Govan.

Il est loin le temps où les « guitar hero » remplissaient les stades avec leur musique entièrement vouée aux défis techniques et autres acrobaties sur le manche. Même si les cadors du genre tels que Joe Satriani ou Steve Vai jouissent encore d’une renommée plus que confortable, le genre s’est quelque peu essoufflé depuis les années 90, à force peut-être d’une volonté de la plupart à pousser encore et toujours plus loin la technique sans pour autant écrire de la véritable musique.

Le guitariste britannique Guthrie Govan fait en quelque sorte partie d’une nouvelle génération de guitaristes incorporant un songwriting plus moderne que ses ainés et n’hésite pas à ajouter des touches de « prog-rock » ou de jazz à ses compositions. Govan est né en 1971 à Chelmsford dans l’Essex en Angleterre. Influencé par son père il taquinera les cordes sur le bois dès l’âge de trois ans et passera à la télévision à plusieurs reprises dès l’âge de neuf ans dans le programme « Ace Reports » sur Thames Televison accompagné par son frère Seth. Cependant, il apprend la guitare à l’oreille et ne s’intéressera pas aux gammes avant son adolescence lorsqu’il découvre l’oeuvre de Satriani, Malmsteem et Steve Vai.

Sa carrière musicale décolle au début des années 90, quand, après ses études, il envoie des demos à Shrapnel Records, label spécialisé dans la musique à guitares virtuoses fondé par Marty Friedman de Megadeth et le producteur Mike Vaney. Ils lui offrent un deal, que Govan décline en prétendant avoir simplement envoyé la démo afin de savoir s’il avait le niveau. En 1993, il remporte le prix de « guitariste de la décennie » attribué par le magazine « Guitarist » pour son morceau « Wonderful Slippery Thing » qui l’amènera très rapidement à établir sa réputation.

La reconnaissance du grand public se fera essentiellement lorsque Govan deviendra le guitariste du groupe Asia aux côtés de Steve Howe et Geoff Hownes de Yes, de John Wetton de King Crimson et de Carl Palmer d‘ Emerson Lake and Palmer au début des années 2000. Des influences qui procurent à Govan un goût prononcé pour le rock progressif et la fusion qui le démarque des autres « guitar heroes » de la génération précédente. Son album solo « Erotic Cakes » est sorti quant à lui en 2006 et contient dans ses rangs son frère Seth à la basse, Pete Riley et un autre technicien du manche, Richie Kotzen plus connu pour sa chevelure et son travail au sein de Mr. Big dans les années 80.

Après Paul Gilbert et Andy Timmons l’année dernière, la Kulturfabrik continue son épopée fantastique de la guitare – pas étonnant quand le programmateur est lui même un guitariste – avec cette fois-ci un choix certes un peu moins fédérateur mais tout aussi intéressant pour les amateurs de la six cordes, ne serait-ce que pour la capacité de sieur Guthrie à proposer une musique plus digeste pour les amateurs de musique que ses contemporains tripoteurs de manches!

A la Kulturfabrik, ce dimanche 4 décembre et au Spirit of 66 à Verviers ce lundi 5 décembre.


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