Grèves et conflits

Coups de matraques, tabassages en règle, l’on parle même d’actes de torture… Si l’Espagne est bien sortie de l’ère franquiste depuis quatre décennies, les grévistes de ce mercredi 14 novembre ont fait les frais de méthodes que l’on croyait révolues. Il n’empêche que les grèves générales décrétées en Espagne, au Portugal et en Grèce ont été suivies massivement. Dans certains secteurs, l’on parle même de participations à cent pour cent. Mais les mobilisations syndicales ne se sont pas limitées aux trois pays du Sud en proie aux attaques de la « Troïka » (FMI, Banque centrale européenne et Commission européenne). A l’appel de la Confédération européenne des syndicats (CES), des mobilisations ont eu lieu dans une quinzaine de pays de l’Union. Au Luxembourg, si aucun syndicat n’a appelé à manifester, il y a eu tout de même un piquet organisé par Déi Lénk devant l’ambassade du Portugal. Divers orateurs se sont succédés, mais le point d’orgue fut l’intervention du président de l’OGBL, Jean-Claude Reding, qui a souhaité prendre la parole : « Il n’est pas dans mes habitudes de participer à une manifestation d’un parti politique, mais la seule voix que j’entends qui s’engage en faveur des salariés, c’est celle de déi Lénk. D’autres partis se disent solidaires, mais ils ne le sont pas ». Plus tôt dans la journée, Reding et son homologue du LCGB Patrick Dury, en leur qualité de représentants de la CES, avaient été accueillis par le premier ministre et chef de l’Eurogroupe Jean-Claude Juncker. Celui qui dirige la zone officiellement en récession depuis jeudi a tenté de faire bonne figure. Mais son image d’« homme du peuple » est de plus en plus difficile à tenir, tant pour son rôle joué au niveau européen qu’au niveau national. Et cela se fait ressentir jusque dans sa coalition. Est-ce d’ailleurs un hasard si la députée socialiste Vera Spautz, réputée pour ses positions pro-syndicales et ses désaccords avec la politique sociale menée par son parti au gouvernement, a choisi cette date pour annoncer sa démission du parlement, pour des raisons aussi bien de santé que politiques ? Parallèlement, son frère d’armes Dan Kersch, bourgmestre socialiste de Mondercange et conseiller d’Etat, a à nouveau lancé une offensive dans les colonnes du Tageblatt à l’encontre du chef de fraction Lucien Lux. Une offensive à laquelle lui a répondu Philippe Meyers, président de la section du LSAP de Dippach. Très présent sur les réseaux sociaux, Kersch a continué le débat sur facebook, y déclarant notamment qu’il n’entreprendra rien pour être candidat aux législatives de 2014 sur les listes de son parti. Bref, ce fut une semaine intéressante aussi bien pour les syndicats que pour les partis de gauche.


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