
(Photo : Bia Limova/Pexels)
Trois questions parlementaires, quatre ministres et cinq mois pour obtenir une réponse à une question simple : un lobby opposé aux obligations climatiques incluses dans la directive européenne sur le devoir de vigilance des entreprises (CSDDD) a-t-il rencontré des ministres ou des hauts fonctionnaires du grand-duché pour tenter d’amoindrir le texte ? Après avoir obstinément refusé de le reconnaître, Luc Frieden, Lex Delles, Xavier Bettel et Elisabeth Margue avouent que ces rencontres ont eu lieu. Le 8 février 2024, « une entrevue a eu lieu entre des représentants du ministère de l’Économie, du ministère des Finances, du ministère de la Justice et des représentants d’ExxonMobil », répondent les ministres à une question parlementaire de Sam Tanson, la seconde que la députée écolo leur adressait sur le sujet (le socialiste Fanz Fayot avait fait de même). Une rencontre à l’ambassade du Luxembourg à Washington a également eu lieu avec Koch Group, le 2 décembre 2025, poursuivent les ministres. Ces deux sociétés font partie d’un groupe de onze multinationales qui avaient constitué un lobby pour contrer la CSDDD auprès des gouvernements européens, selon une enquête de l’ONG néerlandaise Somo. Un échange a encore eu lieu entre Lex Delles et Guardian, à Luxembourg, en juillet 2024. Selon les ministres, ces entreprises ont fait part de leurs « inquiétudes » et « préoccupations » sur l’entrée en vigueur de la directive, dont les obligations climatiques ont été finalement supprimées. Demeure une question : pourquoi avoir fait tant de mystère de ces rencontres ?

