(ft) – Le nouveau système européen des comptes nationaux et régionaux, dit SEC 2010, a récemment fait couler beaucoup d’encre : le gouvernement italien a annoncé en mai son intention de l’appliquer à la lettre et d’inclure les activités illégales, comme le trafic de stupéfiants et la prostitution, dans son calcul du produit intérieur brut (PIB). Un moyen comme un autre de retrouver furtivement quelques points de cette drogue dure qu’on nomme croissance. Le Luxembourg s’apprête à rectifier ses statistiques économiques de la même manière, comme le révèle une récente étude du Statec, qui chiffre également l’impact de l’économie illégale. La contrebande d’alcool ou de tabac étant apparemment négligeable au grand-duché, seuls le trafic de drogues et la prostitution ont été comptabilisés ; ils représenteraient environ 0,23 % du PIB – une contribution « comprise entre celles de la branche ‘agriculture, sylviculture et pêche’ (0,30 %) et ‘coiffure’ (0,21 %) ». Le langage clinique affiché dans la note – « Selon la méthodologie européenne, seuls les ménages consomment des services de prostitution et ce type de service ne fait pas partie des consommations intermédiaires des entreprises » – se veut certainement le reflet d’une absence de jugement moral. Mais le calcul du PIB est toujours entaché de multiples choix moraux (pourquoi ne pas y refléter les soins familiaux ou le travail domestique, par exemple). Et l’évasion fiscale des plus riches, qui pénalise leur pays de résidence, y est toujours bien ancrée.
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