POLITIQUE CULTURELLE: Artisté social

von | 24.10.2014

La rĂ©forme du statut d’artiste devrait se trouver dans la dernière ligne droite. Pourtant un peu de lobbying de dernière minute pourrait faire plier la coalition. C’est du moins ce qu’espèrent les membres de l’association des artistes plasticiens (AAPL).

Lieu éphémère mais symbolique : la galerie Bradtke. Photo : Facebook

Une conspiration en vitrine, ou en tout cas ça en a l’air. La rĂ©union de l’AAPL qui a eu lieu ce mercredi Ă  la galerie « pop up Â» Bradtke a Ă©tĂ© agitĂ©e aussi par l’Ă©moi qu’ont causĂ© les mesures budgĂ©taires annoncĂ©es dans le secteur culturel. Cependant l’association, qui revendique quelque 25 membres, a – pour le moment encore – d’autres chats Ă  fouetter. Il s’agit de terminer un travail de lobbying de longue haleine : la rĂ©forme du statut d’artiste. Petite piqĂ»re de rappel : créé en 1999 par Erna Hennicot-Schoepges, rĂ©formĂ© une première fois en 2004, c’est l’ancienne ministre CSV Octavie Modert qui avait tentĂ© de rĂ©former le statut juste avant les Ă©lections anticipĂ©es d’octobre 2013. Le projet s’est retrouvĂ© dans les tiroirs de la nouvelle ministre Maggy Nagel, qui a promis d’avancer vite dans la refonte, en procĂ©dant par amendements du projet de loi Modert.

Or le projet Modert a Ă©tĂ© l’objet de maintes critiques dès sa parution. S’il actualisait certaines conditions du statut, notamment en y introduisant le droit au congĂ© de maternitĂ©, au congĂ© de maladie ou au congĂ© parental, il proposait aussi des changements au dĂ©triment de la condition de l’artiste. Comme le fait que, au renouvellement du statut, tous les deux ans, l’artiste aurait dĂ» dĂ©montrer dix pour cent de revenus en plus qu’Ă  la dernière demande. Or, le marchĂ© de l’art est dĂ©connectĂ© de l’Ă©conomie orthodoxe et connaĂ®t ses propres règles ; le fĂ©tichisme de la croissance n’est pas tout Ă  fait sa religion. Du moins du point de vue des artistes : pour les collectionneurs, c’est probablement très diffĂ©rent. En tout cas, le lobbying de l’AAPL et de bien d’autres acteurs culturels, la Theater Federatioun entre autres, ont fait disparaĂ®tre cette règle, ainsi que d’autres nouveautĂ©s comme le « titre d’artiste Â», une idĂ©e très superflue.

Bel exemple de lobbying culturel

Dans ce sens, on aurait pu croire que le projet de loi rĂ©formĂ© correspondrait aux aspirations de la scène – qui connaĂ®t mieux les conditions d’existence des artistes que les fonctionnaires. Pourtant, il reste du pain sur la planche. Selon Trixi Weis, qui a prĂ©sidĂ© la rĂ©union, Bruno Baltzer ayant dĂ©missionnĂ© pour raisons personnelles, plusieurs points restent Ă  rĂ©gler : d’abord la règle qui veut que l’artiste gagne quatre fois le salaire social minimum qualifiĂ© (SSMQ) dans l’annĂ©e qui prĂ©cède le renouvellement ou le premier accès au statut. « C’est plutĂ´t une dĂ©tĂ©rioration de la situation Â», explique-t-elle. « Nous prĂ©conisons de faire en sorte que les quatre SSMQ puissent ĂŞtre gagnĂ©s sur les deux annĂ©es prĂ©cĂ©dant la demande. C’est simplement plus rĂ©aliste. Â» Outre ces dĂ©tails techniques, il reste aussi la question de fond : le statut lui-mĂŞme doit-il disparaĂ®tre ? La rĂ©ponse est non. MĂŞme si tout le monde s’accorde sur le fait que le « titre d’artiste Â», qui n’aurait donnĂ© droit Ă  aucune prestation, n’Ă©tait pas la voie Ă  suivre, le remplacement du statut par des « mesures sociales au bĂ©nĂ©fice des artistes professionnels indĂ©pendants Â» se heurte Ă  une certaine rĂ©sistance. Ce glissement sĂ©mantique et symbolique du statut vers une « mesure sociale Â» traduit aussi un peu le mĂ©pris du ministère pour l’artiste – de porteur de statut, il devient assistĂ© social.

Autre problème : la rĂ©forme du fameux « un pour cent culturel Â» – la somme allouĂ©e aux travaux crĂ©atifs dans les bâtiments publics. Alors que la question de savoir ce qu’un arrĂŞtĂ© grand-ducal pareil venait faire dans une loi sur le statut d’artiste se posait dès la première mouture de la loi, les conditions viennent encore de se dĂ©grader, vu que la somme maximale a Ă©tĂ© plafonnĂ©e Ă  500.000 euros. Une somme coquette encore certes, mais qui d’expĂ©rience est rarement atteinte. Ce qui laisse ouvertes aussi des questions sur la transparence des procĂ©dures. Ainsi, les soumissions ne fonctionneraient pas toujours de la mĂŞme façon, tout comme certaines attributions resteraient opaques. Mais la question Ă  un million d’euros est : qu’advient-il de l’argent non utilisĂ© ? Une rĂ©ponse que l’AAPL voudrait bien obtenir du ministère de la Culture, voire de la Direction des bâtiments publics – tous deux peu enclins au dialogue. Dans le business des soumissions publiques, l’AAPL voudrait aussi obtenir une compensation pour les artistes non retenus par les jurys : « On ne demande pas grand-chose, mais quand tu passes une ou deux semaines sur un projet qui n’est pas rĂ©alisĂ©, tu perds aussi de l’argent et, au-delĂ  du manque Ă  gagner, il reste aussi des frais de matĂ©riel que personne ne te remboursera Â», raconte une des artistes prĂ©sentes.

OpacitĂ© sur le « un pour cent culturel Â»

Un dernier point porte sur une amĂ©lioration obtenue : les formations continues que le ministère voulait rendre obligatoires. Mal dĂ©finies, elles se rĂ©sumaient Ă  des cours de communication ou de comptabilitĂ© ; elles n’ont pas Ă©tĂ© approuvĂ©es par la scène. « Mais cela ne veut pas dire que nous fermons la porte Ă  des formations spĂ©cifiques. Par exemple pour apprendre Ă  travailler avec de nouveaux matĂ©riaux, ce qui peut aussi ouvrir des voies pour gagner des soumissions publiques – qui restent notre gagne-pain principal. Â»

En gĂ©nĂ©ral, les dĂ©tenteurs du statut se voient comme des mal compris, Ă©galement dans le secteur des arts plastiques qui en compte de loin le plus, ce qui explique aussi la prĂ©sence de l’arrĂŞtĂ© grand-ducal sur le « un pour cent culturel Â» dans la loi. Vu la taille du pays, aller vers l’Ă©tranger est le seul moyen de s’assurer des perspectives d’avenir, mais tandis que le gouvernement exporte musique et films Ă  travers certaines institutions, peu ou presque rien n’est fait pour les autres disciplines. « Car, au Luxembourg, tu as très vite fait le tour et si tu as Ă©tĂ© exposĂ© dans presque toutes les galeries, les vendeurs ne reviennent pas Â», raconte-t-on.

Il reste donc que la rĂ©forme de Maggy Nagel ne semble toujours pas ĂŞtre du goĂ»t de tout le monde. Mais il reste encore un peu de temps : la commission culturelle qui a siĂ©gĂ© le 14 octobre aurait dĂ» se pencher sur les derniers avis de la Chambre de commerce et du Conseil d’Etat sur la loi, mais vu la pagaille qui règne actuellement avec les rĂ©siliations des conventions, ce point de l’ordre du jour n’a mĂŞme pas Ă©tĂ© abordĂ©.

Dat kéint Iech och interesséieren

KULTUR AM ALLGEMENGEN

Assises sectorielles du chant choral: Junge Chorsänger*innen gesucht

Die „Assises sectorielles du chant choral“ vom vergangenen Samstag offenbarten, wo den Chören hierzulande der Schuh drĂĽckt. Es mangelt an Sichtbarkeit, pädagogischem Know-how und vor allem an Nachwuchs.   Wie bei Rundtischgesprächen ĂĽblich, boten die „Assises sectorielles du chant choral“ vergangenen Samstag einen Morgen voller leiser...

KULTUR AM ALLGEMENGEN

Dag vun der Lëtzebuerger Sprooch: Luxemburgisch im Fokus

Die Luxemburger Sprache soll ab diesem Jahr jeden 26. September gefeiert und gefördert werden – und zwar mit Kulturevents, Aktivitäten und Diskussionsrunden. Das Programm der Erstauflage des „Dag vun der Lëtzebuerger Sprooch“ wurde am Montag bei einer Pressekonferenz vorgestellt. „Sprache ist der Schlüssel zur Welt“, sagte bereits Wilhelm von...

KULTUR AM ALLGEMENGEN

Staffelfinale „And Just Like That”: Vergessene Vorläufer

Allzu schwer fällt er nicht, der Abschied von der Serie „And Just Like That“ – sie hat den Charme des Anfangs eingebüßt. Interessanter ist ein Blick auf die Ursprünge: Mit Mary McCarthys Buch „The Group“ fing alles an. Und einfach so ist alles vorbei: Mit dem Staffelfinale des „Sex and the City“-Sequel „And Just Like That“ schließt das...