Comment (ne pas) sauver le climat ?

Le rapport de l’IPCC sur le réchauffement de 1,5 degré est une sorte de dernier avertissement. Un message relayé par le ministère de l’Environnement luxembourgeois, qui ne s’est pas endormi sur ses lauriers.

En présence de l’expert Paolo Bertoldi, Carole Dieschbourg explique la nécessité d’agir pour limiter le réchauffement à moins de 1,5 degré.
(Photo : Raymond Klein)

Un degré, ça devrait aller… C’est l’augmentation de la température atmosphérique due aux émissions de CO2 depuis le début de l’ère industrielle. Et, comme l’a rappelé Paolo Bertoldi, les effets en sont limités, mais clairement perceptibles : augmentation des extrêmes météorologiques, élévation du niveau de la mer et diminution de la banquise arctique. L’expert, qui travaille pour la Commission européenne, avait été invité ce lundi par le ministère de l’Environnement luxembourgeois afin de présenter le rapport de l’Intergovernmental panel on climate change (IPCC, Giec en France) publié le même jour. Ce rapport, à l’élaboration duquel a participé Bertoldi, examine les conséquences d’un réchauffement planétaire supérieur à 1,5 °C.

L’expert a qualifié les effets à 1,5 degré comme « plus massifs qu’aujourd’hui, mais encore gérables ». À 2 degrés par contre, le maximum prévu dans l’accord de Paris, on serait confronté à des effets « beaucoup plus massifs, avec la disparition de certaines îles et une fonte de l’Arctique. Quant aux 3 degrés que nous atteindrons si les pays en restent à leurs objectifs annoncés en 2015, ils conduiront à des pertes conséquentes en matière de biodiversité et à des coûts d’adaptation considérables ».

Le pic de CO2 en 2020, svp

Deux degrés, c’est déjà trop, voilà la conclusion du rapport de l’IPCC. De surcroît, pour rester en dessous de 1,5 degré, il faudrait que les émissions de CO2 mondiales atteignent leur pic dès 2020. Si, au contraire, sur base des objectifs nationaux actuels, elles l’atteignent en 2030 seulement, il sera trop tard pour renverser la vapeur. D’où l’appel de Bertoldi, représentatif des expert-e-s de l’IPCC : « C’est maintenant que nous avons besoin de la volonté politique d’agir. »

Pourquoi la ministre de l’Environnement Carole Dieschbourg et le secrétaire d’État Claude Turmes avaient-elle et il invité l’expert, à quoi devait servir la conférence de presse ? Profiter de la publication du rapport pour passer une fois de plus dans les médias, à quelques jours des élections ? Ou faire passer auprès du grand public les messages de l’IPCC, dont c’est une des publications les plus importantes des dernières années ? Un peu des deux, sans doute.

Passé satisfaisant, avenir ambitieux

« Sous cette législature, le gouvernement a réalisé des avancées importantes dans plusieurs domaines. » Suivent, dans le communiqué du ministère, une série de sept mesures phares dans des domaines comme l’énergie, la mobilité et la finance. « Le Luxembourg a commencé à s’acquitter de ses devoirs », a affirmé Carole Dieschbourg. L’autosatisfaction fait partie des postures obligatoires de la campagne électorale.

Mais la ministre a aussi énuméré des efforts qui restent à faire – au nombre de huit même. On peut y voir une promesse électorale, mais elles constituent aussi l’aveu que beaucoup de dossiers n’ont pas avancé pendant la législature passée. Surtout, des projets comme les 100 % d’énergies renouvelables (à long terme et en partie à l’étranger) ou les objectifs chiffrés pour la politique climatique montrent l’intention de passer à la vitesse supérieure – exactement ce que réclame le rapport de l’IPCC.

Reste à savoir si l’objectif de limiter le réchauffement à moins de 1,5 degré est réaliste. Au niveau de l’IPCC on s’est posé la question. Paolo Bertoldi a donné la même réponse que la plupart de ses pairs : techniquement, les experts estiment qu’il est possible de réussir, mais tout dépendra de la volonté politique. Possible, mais improbable donc, dirions-nous.

Un article plus détaillé sur ce sujet paraîtra dans le woxx de vendredi prochain, en ligne dès jeudi soir.

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