Lancement d’une police locale : De « bons voisins » pour renforcer le sentiment de sécurité

À partir de juillet, les villes de Luxembourg et d’Esch déploient de « nouvelles » patrouilles de police supplémentaires, du moins pour une durée de six mois, afin de renforcer la prévention. Le ministre des Affaires intérieures et les bourgmestres Lydie Polfer (DP) et Christian Weis (CSV) veulent surtout combattre un prétendu sentiment d’insécurité.

Seule différence visible entre les policier·ères classiques et les nouvelles patrouilles : les agents sont doté·es d’un brassard bleu clair arborant les mots « police locale ». (Photo : María Elorza Saralegui/woxx.)

Depuis le début de cette semaine, douze patrouilles de police supplémentaires parcourent les deux plus grandes villes du pays. Déployées pour une durée préliminaire de six mois, ces unités de « police locale » font partie du projet pilote phare du ministre des Affaires intérieures, Léon Gloden (CSV). Le gouvernement tient ainsi une promesse électorale après une campagne au cours de laquelle il a multiplié les discours sur l’absence de sécurité dans le pays. « Le travail de proximité de la police vient à manquer », fait remarquer Gloden lors de la présentation des unités de police locale, au cours d’une conférence de presse tenue le 1er juillet. « Cela avait été un des sujets abordés lors des discussions sur l’accord de coalition. »

D’où le déploiement d’une police locale avec l’objectif d’encourager la proximité entre la police et les citoyen·nes, mais pas que. Suite au constat qu’environ 80 % des effectifs policiers sont déjà déployés pour des missions d’intervention, le rôle des patrouilles de police locale ‒ une police locale présentée en « bon voisin » ‒ est de faire de la prévention, rappelle le ministre du parti chrétien-social. Il précise que les coûts des nouvelles patrouilles sont couverts par l’État, sur le budget de la police. Sur le terrain, les unités supplémentaires visent surtout à assurer un travail de prévention et à augmenter le sentiment de sécurité des citoyen·nes de par leur présence ‒ une partie « élémentaire » du travail de la police, souligne le bourgmestre de la Métropole du fer Christian Weis (CSV).

Dans un premier temps quatre agent·es circuleront dans les quartiers de la Gare et du centre-ville d’Esch-sur-Alzette, ainsi que vingt agent·es dans le quartier de la Gare et au centre-ville de la capitale, où 90 policier·ères sont déjà déployé·es. Le projet pilote tire parti du recrutement renforcé mis en place par le ministre sortant, Henri Kox (déi gréng), qui avait engagé, même tardivement et vers la fin du mandat du gouvernement tricolore, 400 agent·es de police de plus. L’actuel gouvernement poursuit les efforts de recrutement, assure Gloden.

Sauf en cas d’urgence, la police locale ne participera pas aux missions d’intervention, contrairement au travail habituel des patrouilles classiques, explique le directeur général de la Police grand-ducal, Pascal Peters. De même, en fonction des journées et des évènements prévus, les unités locales patrouilleront du lundi au samedi, de 7 h à 21 h, à pied, à vélo ou en voiture. Les changements de parcours ainsi que les rotations des patrouilles ne sont, pour leur part, pas encore établis, explique Peters. De leur côté, les deux bourgmestres envisagent la possibilité de déployer les unités à d’autres endroits « selon le besoin ».

Un corps « nouveau » ?

À part un brassard d’un bleu clair arborant les mots « police locale » pour leur apporter la visibilité souhaitée, les unités de police locale font toujours intégralement partie du corps officiel de police. Leur travail à caractère préventif, est cependant distinct, insiste le directeur général Peters : « Les unités se trouvent sur le terrain et hors du système classique d’intervention. Leur objectif principal est de prévenir les délits par leur présence. » Les unités seront en échange régulier avec les bourgmestres.

« Ce que le gouvernement vend ici comme une grande innovation n’est en fin de compte rien de plus qu’une opération marketing du ministère de l’Intérieur », critique déi gréng dans un communiqué. « La seule véritable nouveauté », ce sont les brassards, ironisent les écologistes.

Les critères d’évaluation du projet ne sont pas encore clairs. Selon le directeur général, la police recueillera les avis des maires, des citoyens et des associations afin de dresser un bilan en fin d’année. Si le projet est considéré comme un succès, d’autres communes seront invitées à y participer et l’unité de police locale sera introduite dans la loi du 18 juillet 2018 sur la Police grand-ducale.


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