Monkeler : Toujours pas sous contrôle

La zone industrielle du Monkeler, située entre Esch-sur-Alzette et Schifflange, reste au cœur des polémiques, du moins en période préélectorale.

On s’en souvient : début 2014, le tout nouveau secrétaire d’État Camille Gira était presque passé par le supplice du goudron et des plumes en venant expliquer aux Eschois-es que la construction d’une fabrique d’asphalte dans leur environnement direct était inéluctable malgré les recours introduits par les communes. En passant, il avait admis que sur les 22 entreprises installées dans la zone industrielle, quatre n’étaient pas aux normes.

Quatre ans plus tard, beaucoup de choses ont changé. Il y a eu le décès tragique de Camille Gira bien sûr, mais aussi le lent rétablissement de la prochaine catastrophe qui allait frapper le sud du pays : l’effondrement du crassier de Mondercange.

Pourtant, il semble que l’État et avant tout le ministère du Développement durable et des Infrastructures ne se soient toujours pas donné les moyens de veiller au grain en ce qui concerne la protection de l’environnement et aussi celle de la population.

Ainsi le député CSV de Schifflange Marc Spautz voulait-il savoir si ces entreprises s’en tenaient aux normes et quels moyens étaient déployés par les administrations pour contrôler d’éventuelles fautes. La réponse donnée – au vu des circonstances par la ministre de l’Environnement Carole Dieschbourg – est tout sauf rassurante.

Dieschbourg admet le traitement inégalitaire des entreprises dans la zone et explique que l’instruction des dossiers autorisant l’établissement dépend de la fonction et des alentours : « Il est donc tout à fait normal que deux établissements – même comparables mais localisés à des endroits différents – ne se voient pas imposer des conditions identiques », écrit-elle.

Quant aux entreprises ne respectant pas les normes, la ministre doit admettre qu’au dernier contrôle de fin janvier 2018 « il s’est avéré que 9 établissements sur 27 ne respectaient pas entièrement les dispositions de leur autorisation » – donc cinq de plus qu’en 2014 (même s’il est vrai que leur nombre total a augmenté en même temps).

Finalement, à la question de savoir comment les autorités envisageaient d’aider les communes à réduire les émanations de poussière (un problème récurrent au Monkeler et dans les alentours – les infractions des entreprises se situant le plus souvent à ce niveau), Dieschbourg renvoie la balle aux communautés locales. Ainsi elle estime que « des prescriptions générales pour réduire ce genre d’impacts pourraient (…) être définies par un règlement interne dont le respect pourrait être suivi par une entité de gestion d’une telle zone. La zone « Um Monkeler », située sur des terrains des communes de Schifflange et d’Esch-sur-Alzette, ne dispose toutefois ni d’une telle entité de gestion, ni d’un règlement interne ».


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