Passerell dévoile son rapport annuel… et répond à Fernand Kartheiser

von | 16.06.2021

L’association d’aide aux migrant-e-s a eu une année difficile : des demandeurs-euses de protection internationale refoulé-e-s aux guichets, des transferts Dublin douteux et la situation difficile des Afghan-e-s. De surcroît, elle s’est fait attaquer par la droite populiste.

Le début de l’été, c’est la saison des assemblées générales et des rapports annuels. Et l’association Passerell n’y échappe évidemment pas. Dans la lettre d’accompagnement, la coordinatrice Cassie Adélaïde rappelle que la Cour européenne des droits de l’homme vient de reconnaître récemment le rôle des organisations non gouvernementales comme « chiens de garde ». Et de donner quelques exemples de ce que le personnel de Passerell voit passer quotidiennement dans ses locaux : des personnes en dépression sévère à cause de leur incapacité à faire venir leurs familles, des femmes victimes de viol refoulées parce que l’administration ne les juge pas crédibles ou encore des demandeurs-euses d’asile homosexuel-le-s qui craignent le transfert en Pologne.

Les relations avec le ministère ne sont pas toujours au beau fixe, mais dans sa communication, Cassie Adélaïde se montre conciliante : « En favorisant une société civile active, critique et impliquée, l’État ne s’affaiblit pas, il s’inscrit au contraire dans une dynamique évolutive et d’amélioration continue. C’est pourquoi Passerell remercie le ministre en charge de l’Immigration et de l’Asile pour l’attention et l’écoute qu’il porte au travail de la société civile. »

Et pourtant, Passerell n’a pas toujours été tendre avec Jean Asselborn et ses administrations. Ce dernier n’a pas goûté les interpellations de l’association concernant les dépôts de demandes de protection internationale qui seraient refoulés par l’administration ou encore le traitement des réfugié-e-s afghan-e-s.

C’est d’ailleurs ce dernier dossier qui a fait sursauter le député ADR Fernand Kartheiser : prenant comme prétexte la réponse d’un Jean Asselborn énervé dans une interview radio, où ce dernier a laissé échapper que Passerell ferait « de l’opposition à tout prix », Kartheiser n’a pas eu le réflexe chrétien de s’enquérir du bien-être des réfugié-e-s, mais a demandé – à la manière du RN ou de l’AfD – à savoir le montant des subsides que touche l’association, qui ose défendre ces sinistres Sarrasin-e-s.

Passerell a donc décidé d’aider le ministère en livrant la réponse dans son mail. Et les bon-ne-s chrétien-ne-s peuvent dormir tranquilles : la majorité des fonds (41 pour cent) provient de l’Œuvre nationale de secours grande-duchesse Charlotte, et cela pour des projets précis (socialisation et permanences d’information), 25 pour cent de mécènes privé-e-s, 24 pour cent de la collecte et seulement 5 pour cent (1.500 euros) du ministère de la Justice et de la Ville de Luxembourg – le reste étant de l’autofinancement. Bref, pas de quoi faire gicler la jalousie des comptoirs rouverts.

Celles et ceux qui souhaitent connaître plus en détail le travail de Passerell et peut-être auraient envie de s’engager peuvent consulter le rapport annuel en ligne.

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