Une autre Europe, vite !

von | 11.04.2019

Le Mouvement écologique est convaincu que pour un développement durable, des politiques européennes sont indispensables. À travers 14 lignes directrices, il revendique un changement de cap.

À l’approche des élections européennes, le Mouvement écologique a élaboré un ensemble de 14 lignes directrices à suivre afin de faire avancer la « modernisation écologique, sociale et démocratique de l’UE ». En effet, l’ONG estime qu’« il est du devoir du prochain Parlement européen de poser les jalons pour une réorientation fondamentale de l’UE vers une communauté de valeurs, vers un véritable développement durable ». Le Mouvement est également convaincu que cela permettrait de « couper l’herbe sous le pied des populistes ». Les 14 lignes directrices sont axées autour d’une vision ambitieuse d’une Europe durable. Clairement, l’ONG est favorable au projet européen, mais fortement critique envers la façon dont il évolue actuellement (voir notre brève dans le woxx 1523).

Protéger, réformer

Sans surprise, la protection de l’environnement est au centre des propositions du Mouvement écologique. La préservation des écosystèmes est au centre de la première proposition, tandis que la préservation de la biodiversité constitue la septième. Mais au-delà de la protection, pour préserver les ressources et les espèces, l’ONG estime qu’il faut aussi « une profonde réforme de la politique agricole commune », détaillée dans la huitième proposition : « tourner le dos au marché mondial et s’orienter vers des formes de production durables ».

Climat et transports font également l’objet de deux lignes directrices. Constatant que « l’actuelle politique européenne ne répond aucunement aux objectifs de Paris », le Mouvement propose notamment une taxe européenne sur le CO2 – sujet délicat au pays du tourisme à la pompe. Tout comme l’idée de « freiner sensiblement le trafic aérien », alors que le Findel poursuit son expansion internationale.

L’Europe antidémocratique ?

La démocratisation, cheval de bataille de l’ONG au niveau national, est également recommandée au niveau européen, alors qu’aux yeux de nombreuses personnes, « les processus décisionnels de l’UE semblent être antidémocratiques ». Plus généralement, on constaterait « une thématisation très insatisfaisante des sujets de la politique européenne ». Sauf bien sûr, regrette le Mouvement, dans les domaines financier et fiscal, où le Luxembourg défend ses privilèges.

L’ONG semble plutôt favorable à une intensification de la coopération européenne, et rêve d’« une véritable communauté de valeurs, qui place l’accent entre autres sur la démocratie, la justice sociale, la préservation de nos bases vitales naturelles, et sur des conditions équitables en matière d’échanges commerciaux internationaux ». Néanmoins, une question importante comme celle de l’augmentation massive du budget européen est laissée dans le flou. Quant à la coopération militaire, souvent présentée comme « la » success-story de l’UE, le Mouvement ne veut guère en entendre parler : il favorise « une politique qui mise sur les solutions civiles et non militaires, et qui combat les causes de la migration et non les migrants ».

Sensible à la dimension globale des politiques européennes, l’ONG critique également « l’exploitation du dit Tiers Monde par les accords de libre-échange » et demande que les accords de ce type soient fondés en premier lieu « sur le bien-être commun et l’intérêt public ». Cet esprit internationaliste imprègne l’ensemble des propositions.

Plus écologique, plus social !

Enfin, le Mouvement écologique se montre bien plus radical que la plupart des partis de gauche ou verts. « Pour une Europe sociale forte » constitue la deuxième des lignes directrices et mentionne notamment « la réduction de l’écart entre les riches et les personnes défavorisées (tant à échelle mondiale qu’européenne) ». Face à « la mondialisation déréglementée et l’augmentation des profits », l’ONG prône un « un modèle économique européen, qui se découple du dogme de la croissance, qui privilégie le bien-être des gens ».

Cela met évidemment en question « notre mode de vie ainsi que l’orientation fondamentale du système économique » – le Mouvement ayant choisi de ne pas utiliser le terme de « capitalisme ». Pour lui, « l’accent doit être mis sur le bien commun – tout en respectant l’équité distributionnelle – et non pas sur l’accroissement constant des biens matériels ». Il s’agit donc de bien plus que du passage au capitalisme à visage écolo – en fait, le Mouvement écologique plaide pour une véritable révolution verte et rouge à l’échelle européenne.

 

Page présentant les lignes directrices du Mouvement écologique pour l’Europe de demain
Lien direct vers le document en français (PDF)
Lien direct vers la version en allemand, avec 20 pages d’explications supplémentaires (PDF)
Lien direct vers la version en anglais (PDF)

 

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