DESIGN: Entre Breda et Luxembourg

Le Casino Luxembourg propose au visiteur d’explorer les coulisses du design engagé. Une exposition bilatérale présente ainsi le design international mais permet aussi un coup d’œil sur la scène luxembourgeoise.

Isabelle Mattern donne des conseils à ses collègues sur la manière d’aborder un projet, tout en créant une œuvre d‘art.

« Resolute – Design Changes ». Voilà le nom de l’exposition du Casino Luxembourg qui s’est ouverte fin janvier. Le design est devenu de nos jours une des formes d’art les plus présentes au quotidien : il mène la danse du graphisme sur les affiches dans la rue, sur les sites internet, dans les livres et quantité d’autres publications. Son évolution et son influence sur notre vie ne sont plus négligeables.

Le Casino Luxembourg en a donc fait une exposition qui vise à expliquer le fonctionnement de cette discipline, à travers des créations internationales dans une première partie et certaines œuvres luxembourgeoises dans une seconde. Cette exposition célèbre notamment le cinquième anniversaire de l’a.s.b.l. luxembourgeoise « Design Friends », qui propose des ateliers, des livres, des expositions et bien d’autres moyens d’aborder le design international et luxembourgeois. L’association est par ailleurs curatrice associée de l’exposition.

La première partie propose une sélection d’œuvres déjà exposées au Graphic Design Festival de Breda, aux Pays-Bas le 2 mars 2014. On y retrouve 21 travaux du monde entier. En dessous de chaque œuvre se trouve un panneau qui récapitule le sujet, le groupe cible, la stratégie utilisée, le moyen de distribution ainsi que la portée du projet. Un organigramme expliquant ces cinq catégories, se trouvant à l’entrée du Casino ainsi que dans un petit dépliant distribué à l’accueil, permet ainsi de situer ce qu’on voit et de comprendre les intentions de l’auteur.

L’exposition montre ainsi à quel point le terme design est diversifié. Les curateurs ont surtout choisi des pièces à caractère non commercial et laissant une liberté expressive aux auteurs. Il s’agit ici donc plutôt d’œuvres d’art que de travaux commandés par des clients. Une des œuvres exposées est ainsi celle du duo américain « Ivan & Andy », qui s’est donné comme mission de tamponner un maximum de dollars avec des informations sur la mauvaise répartition des richesses aux États-Unis. Ils ont lancé cette campagne lors du mouvement « Occupy Wall Street ».

« Signs for the homeless », une campagne des Américains Christopher Hope et Kenji Nakayama avait comme but de proposer aux sans-abri un moyen de s’exprimer. Ils ont ainsi retravaillé les pancartes de ceux-ci pour les rendre plus attrayantes et créé une page Tumblr pour exposer l’histoire de ceux à qui ils sont venus en aide.

L’exposition propose aussi une création très connue du grand public. La campagne controversée « Kony 2012 », de l’ONG Invisible Children, avait pour but de mobiliser l’État américain contre le chef des rebelles théocratiques ougandais Joseph Kony : elle avait misé sur des pancartes et autocollants dispersés et collés partout aux États-Unis. La campagne a été fortement critiquée pour ses revendications d’intervention militaire occidentale en Afrique.

La deuxième partie de l’exposition a été mise en place par Design Friends. L’association a pour l’occasion fait appel à des artistes luxembourgeois ou ayant un lien avec le Luxembourg. Ce supplément à l’exposition principale s’appelle « Postscript : Luxembourg » et propose sept projets, très différents les uns des autres. Qu’il s’agisse du « Ministerium für Glück und Wohlbefinden », une campagne proposant au visiteur de noter sur un morceau de papier ce qui le rend heureux pour l’apposer sur un énorme collage ou du « A Do Something But Not Anything Manifesto » de l’artiste luxembourgeoise Isabelle Mattern, le Casino propose ainsi au visiteur de découvrir la scène luxembourgeoise du design contemporain.

La première partie de l’exposition est à conseiller. Pour les visiteurs ne s’y connaissant pas trop en design, il s’agit là d’une excellente introduction. Les plus chevronnés reconnaîtront probablement la plupart des projets. La deuxième partie est surtout intéressante pour avoir un aperçu de ce qui peut se faire question design au Luxembourg.

Jusqu’au 19 avril au Casino Luxembourg – Forum d`art Contemporain.


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