Le vin luxembourgeois, côté diversité

Fini le temps où vin de Moselle rimait avec riesling ou rivaner. Les maisons de production privées, surtout, misent sur la séduction d’un public friand de nouveautés. Notes sur une dégustation.

Photo : Renée Wagener

Pas moins de 20 vins différents –  le programme que Laurent Kox proposait mardi aux journalistes était large et varié. Quelques jours après le (mal-aimé) « Springbreak », l’invitation à la presse de cette maison appartenant à l’association des « Privatwënzer » s’inscrit dans le début de saison de présentation et de commercialisation des vins. La dégustation illustrait le changement de concept qui a eu lieu les dernières années en matière de vinification. Fini le temps où le rivaner régnait en maître sur la Moselle luxembourgeoise. Même les grands producteurs semblent avoir compris que le système pratiqué pendant des décennies, c’est-à-dire la production en grande quantité de vins bon marché voués à l’exportation, notamment vers la Belgique, n’est plus la panacée.

Adieu le rivaner !

Depuis bon nombre d’années déjà, la maison indépendante de Laurent et Rita Kox mise sur deux facteurs : la diversité et le changement. Ainsi, parmi les vins proposés mardi, plusieurs ont été traités avec des méthodes anciennes revisitées : tel ce « Rhäifrensch » (elbling), dont les raisins ont été foulés aux pieds. Ou encore ce « vin orange », un pinot blanc vinifié comme un vin rouge : la macération est « pelliculaire », elle se fait sans que les peaux soient enlevées –  un procédé également très ancien qui débouche sur des vins assez tanniques. Kox classe ces méthodes sous le terme de « rétroinnovation ».

Pinotin sans sulfites

D’autres vins sont produits sans sulfites ajoutés, ce qui réjouira celles et ceux qui sont à la recherche de vins le moins traités possible (nous reviendrons plus longuement sur cette thématique dans le prochain woxx). Ainsi, le « vin rouge d’été », à base de pinotin, a été élevé et vinifié sans sulfites. L’utilisation de ce cépage suisse exprime également la recherche de la diversité : au-delà des rieslings et pinots, on expérimente avec de nouveaux cépages – ou on revient vers des variétés anciennes, comme le raisin noir saint-laurent, autrefois répandu au Luxembourg.

Domaine Kox, pionnier de l’innovation

La maison Kox n’est pas la seule à aller en direction de l’expérimentation et de la diversification, mais appartient néanmoins aux pionniers de cette tendance. Avec ses vins de qualité, elle joue sur le terrain d’une consommation de vin complètement différente de celle d’il y a encore quelques décennies. Alors qu’autrefois, les familles luxembourgeoises commandaient leur vin pour la plupart auprès d’une seule maison, avec chaque année les trois ou quatre mêmes sortes, les habitudes de consommation ont désormais complètement changé.

Si le standard de qualité des vins a toujours son importance, le public consommateur est devenu moins fidèle et plus friand de nouveautés – un défi pour les vigneron-ne-s, auquel peuvent répondre surtout les maisons très professionnelles. Et qui comme la maison Kox ont des mains en or pour l’expérimentation. Néanmoins, cette nouvelle tendance comporte le risque de la confusion. Kox admet proposer presque trop de diversité, et que les nouveautés se suivent à une cadence élevée : « Les revendeurs ont des problèmes avec nous. Mais nous avons réussi par ce biais à nous tailler une réputation. »


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