GLENN LIGON: Du beau au bois dormant

Glenn Ligon est noir et son travail parle de la négritude. Certes, la thématique n’est pas nouvelle, mais l’approche de Ligon est rafraîchissante. Ironique, comme le Malcolm X peint en clown à la manière d’un dessin d’enfants, provocateur comme les avis de recherche qui concernent l’artiste lui-même et qui sont illustrés avec des images d’esclaves noirs.

Qui pénètre le Mudam un lundi après-midi, y trouve une atmosphère des plus harmoniques possibles. Tandis que la Super Cloaca chie tranquillement derrière soi, en émettant des vrombissements satisfaits à des intervalles réguliers, un couple de rentiers allemands tombe en émerveillement devant les sculptures de Jan Wanggaard. Celles-ci ne sont peut-être pas le summum de l’art contemporain, mais elles présentent un effet intéressant pour leur environnement : elles sont en savon. C’est vrai, ça pue moins maintenant.

Des gardiens somnolents accueillent le visiteur au deuxième étage où on trouve l’exposition principale : « Some Changes » de Glenn Ligon. Ce qui n’est pas écrit dans le texte d’introduction apparaît clairement dans les oeuvres – Glenn Ligon est noir et son travail parle de la négritude. Certes, la thématique n’est pas nouvelle, mais l’approche de Ligon est rafraîchissante. Ironique, comme le Malcolm X peint en clown à la manière d’un dessin d’enfants, provocateur comme les avis de recherche qui concernent l’artiste lui-même et qui sont illustrés avec des images d’esclaves noirs. Qui plus est, l’approche de Ligon est pluridisciplinaire et il ne rechigne pas à s’approprier les techniques d’autres artistes pour faire passer son message – en témoignent les installations néon comme « Negro Sunshine ». L’atout de Ligon est de s’approprier les techniques de l’art comme un langage dans et par lequel son message fonctionne. Il est un des rares aujourd’hui qui font passer le contenu avant la forme.

L’autre exposition en cours s’intitule « Mudam Guest House » – une continuation du concept « Be The Artist’s Guest » commencé en 2006. Dans ce contexte on relèvera surtout les sculptures en cire de Pascal Convert. Elles s’inspirent d’images qui ont fait le tour du monde des médias, comme « La mort de Mohammed Al-Dura », le garçon palestinien fusillé dans les bras de son père par l’armée israélienne. En reproduisant cette image controversée en négatif dans un bloc de cire noire, Convert lui ôte sa dimension politique pour l’élever au rang de la souffrance universelle. Un beau geste et utile en plus.


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