PRESSE: La dégringolade continue

Si 2012 a vu deux titres de presse disparaître, l’année 2013 risque d’être celle de la suppression de postes, du moins dans les deux plus grandes maisons d’édition du pays.

© LCGB

« On vit au jour le jour et on ne sait pas qui va y passer ensuite ». Des témoignages comme celui-ci n’étaient pas une rareté en provenance de collègues travaillant pour les éditions Saint-Paul. Le plan social était annoncé depuis des mois et des mois, des chiffres circulaient et avec eux, la peur de perdre son travail. Un climat de terreur savamment entretenu par la direction qui savait très bien que des employés qui s’inquiètent pour l’avenir de leur emploi avalent plus facilement des couleuvres. Du moins sur ce point, les choses sont désormais claires : l’année 2013 verra la suppression de 68 postes dans la prestigieuse maison conservatrice. « Et les concernés sont au courant depuis cette semaine », nous a confirmé Jean-Paul Baudot du LCGB, qui a participé aux négociations avec la direction. Ainsi, 57 personnes auront eu leur préavis cette semaine et onze personnes pourront encore rester jusqu’à une date ultérieure dans l’année.

« C’est un déroulement normal, un peu comme dans les banques, qui, quand ils font un plan social, gardent encore une partie du personnel pour liquider ce qui reste à faire », a commenté Baudot. Il attribue aussi le fait que la direction ait accepté de mettre les salariés au courant de leur situation aux négociations menées par son syndicat : « C’était une de nos revendications », explique-t-il, « que l’on soit du moins correct avec ceux qui devront se chercher un nouveau patron. La direction a fini par l’accepter et on s’en félicite ».

Des postes de journalistes supprimés

Mais Baudot confirme aussi que parmi les postes qui vont disparaître se trouvent aussi des journalistes. « Effectivement, ils sont entre onze et douze qui vont devoir quitter Saint-Paul. » Une chose que tous les éditeurs de journaux souhaitaient éviter est donc devenue réalité, du moins chez Saint-Paul.

Ce n’est pas seulement dans la sainte maison conservatrice que les postes disparaissent, mais aussi chez sa concurrente la plus tenace, à savoir Editpress. Selon nos informations, sept postes en tout auraient disparu la semaine dernière au sein de l’hebdomadaire « Revue ». On aurait ainsi prévenu une partie des personnes de leur licenciement juste avant le week-end dernier, quasiment en dernière minute. Deux postes au layout, un dans la correction et celui de la rédactrice online de l’hebdomadaire, Andrea Glos, seront supprimés. S’y ajoutent deux départs en retraite apparemment pas vraiment volontaires, et un déplacement de la rue Heine vers la rue du Canal. Ce ne sont pas des licenciements secs, mais pourtant, dans le courant de l’année, ce personnel disparaîtra sans être remplacé, ce qui comme pour les éditions Saint-Paul ne facilitera pas la tâche du personnel restant et aura forcément des répercussions négatives sur la qualité du contenu.

Ces départs nous ont d’ailleurs été confirmés pas le directeur de la « Revue », Gaston Zangerlé. Selon lui, il ne s’agirait pas de licenciements économiques – même si la « Revue » est déficitaire – mais ce serait dû à un nouveau système rédactionnel et « pour travailler avec celui-ci, on n’a plus besoin d’autant de personnel ». Toutefois, le poste de la rédactrice online n’aurait rien à voir avec ce nouveau système, selon nos sources. D’ailleurs, les salariés restants chez Saint-Paul ont du moins un avantage sur leurs collègues de la « Revue » – qui appartient à 80 pour cent à Editpress – car le LCGB vient d’obtenir l’instauration d’une convention collective pour eux, tandis que leurs collègues de la Revue n’en ont toujours pas.


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