MARCO UHRES DU FOLK CLUPP: „Demain c’est l’Anno Tubak Revival“

Marco Uhres est connu comme brocanteur, amateur de musique folklorique et animateur à Radio Ara. Il est aussi président du Folk Clupp, qui, cette année, fête ses 25 ans.

Qui ne reconnaî trait pas la voix douce et grave de Marco Uhres, après l’avoir entendue à la radio, et qui ne se souviendrait pas de lui, après un passage au marché aux puces ou lors d’une soirée au Sang & Klang? Depuis 1984, Marco Uhres est président du Folk Clupp, créé en 1977. Discret, paisible et barbu, il nous a ouvert ses portes: „Je n’ai rien à cacher“.

woxx: Qu’est-ce qui t’a amené à t’engager si activement au Folk Clupp?

Marco Uhres: C’est à cause de Marc Barthelemy. En 1982 le comité était en train de préparer le premier Blues Festival à Ettelbruck. Il n’y avait plus assez de monde et Marc savait que je m’intéressais aux musiques „étranges“ … dans le temps, elles étaient encore plus étranges qu’aujourd’hui … Il m’a demandé et j’ai accepté. C’est mon hobby préféré. Je le fais toujours avec joie, même si parfois je n’ai pas envie, ou je suis fatigué. Mais, en fin de compte, quand on a réussi à nouveau à proposer un bon concert et quand il y a du monde, la joie revient et on continue.

Le Folk Clupp propose de la musique traditionnelle, populaire, „étrange“, mais, a-t-on cette musique folklorique au Luxembourg?

Bien sûr! Et elle ne s’arrête pas aux frontières. Elle se trouve dans toute la région Saar-Lor-Lux, sans oublier la région d’Arlon. On retrouve même quelques chansons avec une mélodie semblable, mais avec un autre texte en Allemagne, à Cologne, à Aix-la-Chapelle, à Bonn.

Y a-t-il des gens nouveaux qui veulent se joindre aux activités du Folk Clupp?

Chaque année on fait une assemblée générale et on en informe tous les membres. Mais les participants sont les gens du vieux comité, plus quelques sympathisants, deux ou trois journalistes, la personne du Sang & Klang et c’est tout. Tous les deux ou trois ans quelqu’un a le courage de faire un essai de se joindre au comité, mais cela ne marche pas. Je dirais que c’est assez difficile de travailler avec nous, les vieux. On se connaî t tellement bien, on a nos habitudes … Et ce n’est pas facile de s’intégrer dans une équipe si solidement constituée.

On entend ta voix à radio Ara. Mais est-ce le Folk Clupp ou Marco Uhres qui parle?

C’est le Folk Clupp, et vu que j’en fais partie … J’ai commencé trois mois après le début de la radio, le 6 décembre 1992. Et c’est à nouveau Marc Barthelemy, qui était responsable de la musique folklorique, qui m’y a introduit!

Tu es très polyvalent. Tu t’intéresses à la musique populaire et folklorique, tu fais des émissions radio, et tu es aussi brocanteur. Tu reprends des objets, des meubles qui ont une longue vie en arrière pour les rendre utilisables au moment présent. Tu aimes faire du recyclage …

C’est vrai, en quelque sorte on est une entreprise de recyclage. Les brocanteurs, les antiquaires, ils achètent de vieux meubles chez les particuliers. Dans les caves et les greniers on trouve même des „cadavres“! Et parfois on arrive à les retaper et à en faire un meuble très valable. Or je ne suis pas restaurateur. Je fais de mes mains ce que je peux. Je regarde les autres, je triche un peu et j’essaye de faire pareil, ou même mieux. J’aime aussi faire les puces. Quand j’étais gosse, j’avais toujours envie d’être forain. Et maintenant je suis une sorte de forain, ou, plus exactement, je suis marchand ambulant, qui vend au marché aux puces de la belle brocante et des antiquités.

En plus, j’ai un virus, je suis collectionneur. Je collectionne 1001 choses, pas toujours des choses qui ont une valeur énorme, car cela n’a pas de sens pour moi. Ce qui compte, c’est qu’elles me plaisent. Quand je vois un objet qui me plaî t, je l’emmène tout de suite. S’il est grand, je demande toujours à Martine, ma femme, parce que si on vit ensemble il faut que chacun se sente à l’aise. Cette armoire par exemple, si Martine ne l’aimait pas, ne serait pas ici. Dans ce domaine je ne suis pas égoï ste. Là où je suis égoï ste, c’est à radio Ara. Je joue uniquement des disques qui me font plaisir. J’ai un grand répertoire en musiques du monde. Et jusqu’à présent je n’ai jamais reçu de réclamations.

Quelles sont tes préférences musicales?

Si je faisais le hit parade, je n’aurais pas de véritable numéro 1. Mais une de mes préférences est la musique juive, surtout le klezmer, une autre, c’est tout ce qui se joue avec l’accordéon, la flûte et la clarinette. Et les cuivres des Balkans. J’en suis tombé amoureux dès la première fois que je les ai écoutés. Demain on pourra aussi écouter de très beaux cuivres!

Ah oui, demain il y a la fête du Folk Clupp!

Nous fêtons nos 25 ans, et après de longues discussions, nous avons décidé de refaire le traditionnel bal Anno Tubak qui autrefois était très fameux. Il avait lieu chaque année et on avait des soirées terribles au Melusina, avec jusqu’à 800 personnes … Cette année il s’appelle Anno Tubak Revival. Douze ans se sont écoulés depuis le dernier bal à Bertrange et maintenant on le refait à la Kulturfabrik, à Esch/Alzette. Les gens devront amener de la bonne humeur et être prêts à passer une longue nuit. La fête aura trois volets. On commencera à 21 heures, avec un DJ, André Hein, qui proposera de la musique ethno et des musiques du monde. A 21.30 heures démarrera le premier groupe, „The Swamptones“, qui joue de la musique cajun, Louisiane, Rythm’n Blues, „Party Music of New Orleans“. Ensuite André assurera à nouveau la pause. Pour la deuxième partie nous avons prévu „Karandila“, un vrai groupe de cuivres venu de Bulgarie.

Toi qui aimes „tout ce qui est vieux“, que penses-tu de ton propre vieillissement?

Je reste toujours jeune, dans ma tête. A l’extérieur, tu vois le résultat. J’ai maintenant 46 ans, mais je ne me sens pas cet âge. J’accepte toujours les jeunes. J’essaye de comprendre leur musique, leur mentalité. Quand je regarde ma fille, Mara, je remarque que la vieille mode revient, et cela me rajeunit. J’essaye de rester comme je suis et de ne pas vieillir intérieurement.

Mais je te vois comme quand je t’ai rencontré …

Tu sais, je me cache derrière ma barbe!

Comment le Folk Clupp a-t-il réussi à survivre avec les seules cotisations des membres? En fait, vous réalisez pratiquement une activité par mois. Comptez-vous sur d’autres financements?

Ce volet est très important. Nous existons d’abord sur base des cartes de membre. Mais avec cet argent on ne pourrait faire qu’un ou deux concerts. Pour le reste, nous recevons des subsides du Fonds Culturel. On est très bien connus des responsables. Surtout depuis l’année de la culture, en 1995. Ils nous soutiennent beaucoup.

Et quels voeux pour cette année?

Comme le folklore, le Folk Clupp évolue toujours. Nous avons plein de projets, nous aimerions par exemple organiser des activités pour les plus jeunes. Je souhaite que tout se passe bien, qu’on ait plus de public, que la jeunesse s’intéresse plus aux musiques du monde et qu’on ait assez de moyens pour continuer.

Propos recueillis par Paca Rimbau Hernández

L’émission de Marco Uhres sur Radio Ara (103,3 Mhz) s’appelle „Lidderhanes“, avec, à la technique, André Hein. Chaque troisième mardi de 20 à 22 heures.

Prochaines activités du Folk Clupp:

Demain samedi, 9 février, à la Kulturfabrik: le bal Anno Tubak Revival. Venez déguisé-e-s!

Le 1er mars, le groupe Tallari, de la Finlande;

le 11 mai, Ziroli Winterstein, qui jouent du Sinti-Swing;

le 13 juillet, le Carnaval des Cultures.


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