Accueil et cohésion sociale : L’Asti à l’offensive

L’Association de soutien aux travailleurs-euses immigré-e-s (Asti) appelle à construire une communauté de destin de façon proactive.

Alors que la fin de la pandémie de la Covid-19 se dessine à l’horizon, l’Asti a saisi le moment pour faire le point, lors d’une conférence de presse ce mardi, sur la situation en matière de politique d’immigration. Selon sa présidente, Laura Zuccoli, le virus a « fortement impacté les relations sociales et a fait apparaître un besoin pressant pour le Luxembourg d’avoir une politique proactive en faveur du vivre-ensemble ».

La pandémie et ses conséquences ont mis en lumière des défaillances de notre société : il serait donc nécessaire de prévoir dès à présent des mesures et des structures qui permettent d’éviter dans l’avenir des situations qui peuvent s’avérer traumatisantes quand des équilibres très fragiles sont mis en danger.

Sans papiers et sans aide

Mais la pandémie a aussi brisé des liens existants qui ne vont pas se renouer automatiquement. Les politiques d’intégration timides menées au Luxembourg ont subi des revers qu’il faudra maintenant combler. L’Asti appelle donc à des actions volontaristes et urgentes : « Les défis que la diversité croissante pose au Luxembourg ne peuvent pas être affrontés en attendant que le temps se charge de rapprocher et de mélanger Luxembourgeois et étrangers », peut-on lire dans le communiqué publié à l’occasion.

Dès le début du confinement en mars 2020, l’Asti s’est investie dans des programmes de soutien pour les personnes les plus vulnérables. Les « sans-papiers » ou plus correctement les personnes en situation de séjour irrégulier se sont retrouvées rapidement dans des situations très précaires. Non seulement elles avaient pour la plupart des emplois sans véritable base légale, mais elles étaient aussi actives dans les secteurs les plus lourdement touchés, comme la restauration.

La pandémie a d’ailleurs produit son propre lot de sans-papiers, comme la perte d’emploi ou de logement mettent souvent automatiquement fin aux autorisations de séjour. Sommées de quitter le territoire, alors que les frontières intraeuropéennes venaient de fermer, ces personnes n’ont eu d’autre choix que de rester au Luxembourg, mais sans profiter des aides spéciales mises en place.

Sérgio Ferreira, responsable du travail politique, a quant à lui présenté la position de l’Asti sur la réforme en cours de la Constitution. Sur le document retenu par les parlementaires, l’Asti propose deux changements. Au lieu de stipuler que la langue du pays est le (seul) luxembourgeois, l’Asti voudrait revenir à la version actuelle, qui laisse à une loi le soin de régler « l’emploi des langues en matière administrative et judiciaire » − non sans rappeler que le texte de la Constitution même est rédigé en français.

À l’inverse, l’Asti propose d’introduire une nouvelle formulation de l’article qui stipule que « les Luxembourgeois sont égaux devant la loi » et propose d’utiliser la formulation du Pacte international relatif aux droits civils et politiques : «  Toutes les personnes sont égales devant la loi et ont droit sans discrimination à une égale protection de la loi. »

Jessica Lopes, responsable du « guichet info migrants » a rappelé la proposition conjointe de l’Asti et du Clae d’août 2020 de procéder à une régularisation « one-shot » de personnes déjà présentes au Luxembourg − en clarifiant notamment le mécanisme de régularisation par le travail et en accordant des séjours temporaires pour la recherche d’emploi.

Une des mesures mises en place par l’Asti durant la pandémie était l’organisation d’une aide alimentaire pour les personnes qui en raison de leur statut n’avaient même pas accès aux épiceries sociales, l’État ne leur délivrant pas les bons nécessaires. 500 personnes ont pu profiter de cette aide, financée uniquement par des dons privés et de fondations à hauteur de 125.000 euros.

Par la suite, l’Asti est intervenue, avec d’autres organisations, pour que les personnes en situation irrégulière puissent participer aux campagnes de tests, accéder aux soins adéquats en cas d’infection et profiter des vaccinations quand celles-ci sont devenues disponibles.

L’Asti attend donc avec impatience la nouvelle loi sur l’intégration et l’accueil des étrangers-ères pour laquelle les consultations ont eu lieu. Mais un an après, les propositions retenues par le gouvernement ne sont toujours pas connues, alors que la loi actuelle n’est plus du tout en phase avec la réalité économique et sociale du pays.


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