Musique classique indienne
 : Un sacré duo


Chaque année, Rahul Pophali au tabla et KG Westman au sitar offrent une série de concerts au Luxembourg et en Grande Région. Le woxx vous fait découvrir ces musiciens qui se consacrent à un art millénaire très élaboré.

En avant les râgas : Rahul Pophali…

Vous ne les verrez pas sur des affiches partout dans la ville, et ils n’apparaîtront pas dans des articles dithyrambiques dans la presse nationale. C’est que Rahul Pophali et KG Westman, même s’ils se produisent tous les ans en automne au grand-duché, font généralement le bonheur d’un petit cercle d’initiées et initiés à la musique classique indienne. Originaires d’Inde ou de l’Occident, leurs adeptes au Luxembourg connaissent les quelques dates programmées dans des cafés, voire dans des résidences privées, et viennent en comité restreint apprécier les notes savantes que les deux compères distillent avec talent.

La tradition de la musique classique indienne est très ancienne, et n’a rien à envier en cela à la musique classique occidentale. On la divise généralement en musique carnatique (du Sud) et hindoustanie (du Nord). C’est ce dernier genre que pratiquent Pophali et Westman. Contrairement à sa cousine occidentale, la musique indienne ne cherche pas la perfection harmonique au moyen d’accords plus ou moins complexes. La mélodie et le rythme en sont les composantes principales, déclinées dans des cadres plutôt stricts (les « râgas » pour la mélodie et les « tâlas » pour le rythme), mais qui laissent une part importante à l’improvisation. Si la connaissance des râgas et des tâlas apporte une dimension intellectuelle non négligeable à l’écoute, nul besoin cependant de savoir les reconnaître pour ressentir des émotions fortes.

Côté rythme, on sera particulièrement bien servi par la maîtrise de Rahul Pophali, l’une des étoiles montantes du tabla sur les scènes indienne et mondiale. Passionné par son instrument, il l’accommode à toutes les sauces musicales et expérimente sans cesse, se produisant tour à tour dans des formations de jazz, rock ou flamenco. Mais bien entendu, il reste ancré dans la tradition millénaire de la musique hindoustanie.

… et KG Westman débarquent au Luxembourg en octobre.

Côté mélodie, l’ex-guitariste de rock KG Westman donnera une sensibilité européenne aux modes indiens : ce Suédois a choisi le sitar en 2004, et depuis 2006 il perfectionne chaque année sa technique pendant de longs séjours chez le professeur Rabindra Goswami à Varanasi. C’est dire toute la passion de Westman pour son instrument, qu’il communiquera d’ailleurs dans un atelier à l’université du Luxembourg le 20 octobre. Son compère, lui, initiera les chanceuses et chanceux au tabla la semaine suivante.

Ensemble, les deux musiciens proposeront dans divers cafés et salles de concert une série de représentations en octobre. Celle-ci débutera ce vendredi au Bovary, avant le Konrad, le Foyer européen, le Ratelach (en formation « fusion » avec Adham al-Sayyad au kaval, une flûte égyptienne) et l’Atelier de Lorry-lès-Metz. Si la tournée ne manquera pas de convaincre les aficionados, elle sera également une excellente occasion pour les néophytes de découvrir la musique classique indienne. En effet, Pophali et Westman savent s’aventurer dans des morceaux dits « semi-classiques », avec plus de souplesse quant aux règles à respecter, mais aussi dans des reprises de partitions occidentales, dont certaines chansons très connues. De quoi passer une soirée originale dans un cadre convivial à l’indienne.

Ce vendredi 19 octobre à 20h au 
café littéraire Le Bovary, le 24 octobre à 20h au Foyer européen, le 25 octobre à 21h au Konrad Café & Bar, le 26 octobre à 21h30 
au Ratelach et le 27 octobre à 20h à 
l’Atelier de Lorry-lès-Metz (F).

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