Police : Phase test

La réforme de la police chemine en titubant un peu tout de même. Pourtant, les avancées de cette semaine pourraient signifier une progression dans le bon sens.

1364news_policeEnfin du mouvement dans la réforme de la police, un dossier particulièrement visqueux mais aussi important et urgent. Les habitués des assemblées générales annuelles du plus grand syndicat policier du pays – le SNPGL – le savent depuis des années : une réforme de fond était plus que nécessaire, tant l’atmosphère dans les forces de l’ordre était empoisonnée sur certains dossiers. Après des années d’immobilisme sous le CSV et surtout sous le mandat du ministre de l’Intérieur Jean-Marie Halsdorf, la nouvelle coalition a tenté de mener à bien les projets de changement promis.

L’audit annoncé dans le programme gouvernemental a finalement été réalisé. Tout en faisant couler beaucoup d’encre, vu qu’il n’était pas entièrement accessible au public, celui-ci a livré au ministre Étienne Schneider les arguments pour mener à bien ses idées. Des idées qui sont mal passées dans l’opposition et dans la population.

Stratagème utile

Tout d’abord, celle préconisant une fusion des commissariats de proximité. En effet, difficile de fermer des commissariats, surtout par les temps qui courent – même si un tel geste améliorerait l’efficacité des forces de l’ordre. C’est aussi la conséquence d’une politique qui mise surtout sur le sentiment de sécurité, l’argument passe-partout pour défendre, par exemple, l’extension de la vidéo- surveillance, rarement efficace. À force de miser sur des mesures symboliques, on ne devrait pas s’étonner de la grogne populaire quand le sentiment d’insécurité l’emporte sur les arguments rationnels et froids tout droit sortis d’un audit.

C’est aussi ce qu’a – semble-t-il – compris le ministre de la Force publique en annonçant mardi, à l’issue d’une réunion avec la direction de la police grand-ducale et les syndicats, qu’une première phase test aura lieu, afin de calmer les édiles communaux tout aussi inquiets pour la sécurité de leurs communes que pour les élections communales l’an prochain. Car quel bourgmestre aimerait se voir reprocher de n’avoir rien fait pour la sécurité ?

En ce sens, l’idée de la phase test de deux ans est aussi un utile stratagème pour contourner cet obstacle politique, tout en poursuivant en arrière-plan la mise en place de la réforme réduisant les commissariats de proximité.

Par contre, en ce qui concerne un autre volet issu de l’audit qui prévoit de « rattacher les Srec au SPJ » (donc les services de recherche et d’enquête criminelle au service de la police judiciaire), un accord est trouvé. À moyen terme, cela signifiera la disparition des Srec, dont les tâches seront confiées à un « comité d’accompagnement » faisant le relais entre le parquet et la police.

Finalement, en ce qui concerne les carrières, certaines revendications syndicales semblent aussi avoir été entendues – surtout pour la fonction de rédacteur et pour les détenteurs d’un diplôme de bachelor.

On ignore si ce sont les récentes divisions au sein des syndicats de police – l’assemblée générale du SNPGL a confirmé l’exclusion de six de ses membres, qui officient désormais sous le sigle Aspol – qui ont donné à Étienne Schneider la marge de manœuvre nécessaire ou si, simplement, il semble avoir compris qu’il ne pouvait pas agir en politique comme en entreprise. Toujours est-il qu’un dossier brûlant est devenu un peu moins chaud cette semaine. D’ailleurs, jeudi après-midi (après la mise sous presse de notre journal), la commission parlementaire de la force publique déterminera si elle donne une suite à la demande du groupe CSV d’un débat d’orientation sur la réforme. C’est dire…


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