Lors dâun colloque international sur lâĂ©lectromobilitĂ©, qui sâest tenu en dĂ©but de semaine au NeimĂ«nster, responsables politiques, constructeurs et distributeurs dâĂ©nergie ont essayĂ© dâajuster leur tir en matiĂšre dâĂ©lectromobilitĂ©.

Tricycle TrouvĂ©, Paris â premier vĂ©hicule Ă©lectrique, 1881. Source: wikimedia.
Le 21 et 22 octobre 2019, une confĂ©rence « pentalatĂ©rale » sur lâĂ©lectromobilitĂ© sâest tenue sur invitation des ministres Claude Turmes et François Bausch. Depuis bientĂŽt quinze ans, il existe en effet une coopĂ©ration Ă©nergĂ©tique rĂ©gionale dans le cadre du « Forum pentalatĂ©ral de lâĂ©nergie » qui se compose de cinq membres : le Benelux, lâAllemagne, la France, lâAutriche et la Suisse qui y est associĂ©e en qualitĂ© dâobservatrice. Le Forum est coordonnĂ© par le secrĂ©tariat du Benelux, qui signait – ensemble avec les ministres luxembourgeois et lâInternational Renewable Energy Agency (Irena) – responsable pour lâorganisation de la confĂ©rence.
Le premier jour Ă©tait dĂ©diĂ© Ă des ateliers thĂ©matiques publics sur « la question cruciale et urgente du dĂ©veloppement de la mobilitĂ© Ă©lectrique ». Ătaient invitĂ©s, en dehors des politiques aussi des constructeurs, des distributeurs dâĂ©nergie, des sociĂ©tĂ©s qui offrent des services en matiĂšre de mobilitĂ©, mais aussi des organisations issues de la sociĂ©tĂ© civile, des think tanks voire mĂȘme le monde acadĂ©mique. Les discussions portaient sur certaines Ă©volutions Ă court et moyen terme, notamment sur les problĂšmes que rencontre actuellement le dĂ©ploiement Ă plus grande Ă©chelle de la voiture Ă©lectrique individuelle (VE).
Dans son introduction, le ministre de lâĂnergie luxembourgeois, Claude Turmes (en absence du ministre le MobilitĂ© en dĂ©placement en Chine), rappelait les deux dĂ©fis que devait adresser la confĂ©rence : Comment travailler et se coordonner au niveau rĂ©gional, mais aussi comment rĂ©soudre les contraintes technologiques et coordonner un accĂšs plus flexible pour les utilisatrices et utilisateurs, sachant quâil existe une multitude de prestataires ainsi que des lĂ©gislations nationales trĂšs diverses.
Une premiĂšre intervention trĂšs remarquĂ©e fut celle de Christina Bu, secrĂ©taire gĂ©nĂ©rale de lâassociation des propriĂ©taires de VE de NorvĂšge, qui illustrait comment une lĂ©gislation strictement orientĂ©e sur le dĂ©veloppement de la VE avait pu faire de la NorvĂšge le champion mondial en la matiĂšre. Il est estimĂ© que pour lâannĂ©e 2019, pour la premiĂšre fois, plus dâune voiture sur deux nouvellement acquise en NorvĂšge sera Ă©lectrique.
Les reprĂ©sentant-e-s de plusieurs constructeurs (VW, Tesla, Renault …) ont expliquĂ© la volontĂ© de leur sociĂ©tĂ©s de renforcer leurs efforts en la matiĂšre. Des enquĂȘtes de lâIrena confirment cette tendance : On sâattend Ă ce que jusquâen 2025 plus de cinq millions de VE seront construites. Pour Claude Turmes, câest un des renseignements les plus importants Ă retenir : « Lâindustrie dans son ensemble a fait son choix pour la VE Ă©quipĂ©e de batteries, il nây aura en comparaison que 100.000 voitures Ă©quipĂ©es en hydrogĂšne pour la mĂȘme Ă©chĂ©ance » explique-t-il au woxx.
Consulter les bornes existantes en temps réel

(Illu: Pixabay)
MĂȘme si, lors des ateliers, il Ă©tait beaucoup question de « smart charging » – dâun accĂšs intelligent et flexible aux bornes de rechargement publiques mais aussi privĂ©es – il paraĂźt Ă©vident quâune intĂ©gration complĂšte Ă court terme est impossible. Câest pourquoi les responsables politiques se sont mis dâaccord de veiller Ă ce quâau cours de lâannĂ©e prochaine un site soit mis en ligne pour permettre aux usagĂšres et usagers de VE dans la rĂ©gion de sâinformer en temps rĂ©el sur lâexistence de bornes, leur accessibilitĂ© et le coĂ»t dâune Ă©ventuelle recharge avant de prendre un dĂ©part Ă plus longue distance.
En ce qui concerne les Ă©quipements de recharge sur les lieux dâhabitation, le Luxembourg semble plus avancĂ© que ses voisins, car pour toute nouvelle construction des canaux pour le cĂąblages nĂ©cessaires Ă lâinstallation de bornes doivent actuellement ĂȘtre prĂ©vus.
Au niveau europĂ©en, le ministre luxembourgeois indique que pour le dĂ©but 2020 sont prĂ©vues des lĂ©gislations europĂ©ennes qui devraient garantir que les constructeurs nâauront recours quâĂ des batteries dont la production se fait exclusivement Ă base dâĂ©nergies renouvelables, et quâelles seront complĂštement recyclables. Ă plus long terme, lâEurope envisage de sâaccorder avec les autres pays producteurs pour produire des batteries plus durables et moins dĂ©pendantes de ressources rares.

