Almasy Paul: Avec les yeux d’un journaliste

La Galerie Clairefontaine présente dans son Espace 1 une collection d’images réalisées au Luxembourg par le photo-journaliste Paul Almasy, ainsi qu’un choix de ses photographies prises pendant les nombreux voyages qu’il a effectués dans le monde entier.

„Paul Almasy: Hommage au Luxembourg d’un Grand Voyageur international“

PHOTOGRAPHIES

„Je ne vois pas avec les yeux d’un photographe, mais avec ceux d’un journaliste qui souhaite informer“, a toujours dit Paul Almasy (né à Budapest en 1906, de nationalité française). A la suite de ses études en sciences politiques, il se destine à une carrière diplomatique. Il choisit cependant le journalisme, profession qui, dans les années suivantes, l’amènera naturellement à l’utilisation de l’appareil photographique.

En effet, après avoir terminé ses études, il part, en 1929, pour Rome, comme correspondant pour l’agence de presse allemande „Wehr“. Mandaté par la „Münchner Illustrierte Presse“ (M.I.P.), il voyage à travers toute l’Italie, puis à Vienne, à Monte Carlo, etc., afin de réaliser des reportages autour de thèmes sociaux et culturels de son époque.

En 1930, le M.I.P. lui demande d’interviewer le Duce sur son concept d’Etat; occasion pour lui de réaliser un grand scoop. Encore aujourd’hui, il se rappelle, comme si c’était hier, avoir dû traverser une salle immense du „Palazzo Venezia“, avant de pouvoir s’approcher du bureau de Mussolini. L’interview n’a pas pu être publiée. Almasy, encore peu expérimenté, a été renvoyé après avoir eu la possibilité de poser une seule question sur toutes celles soigneusement préparées.

Aujourd’hui, Paul Almasy est l’auteur de 1.560 reportages de haute qualité sur les sujets les plus variés dans les domaines de la politique, des problèmes sociaux, de la science et de la culture dans de nombreux pays. En 1936, il a été envoyé en Afrique par les „Berliner Illustrierte Zeitungen“ (B.I.Z.). Un des premiers photo-journalistes à explorer le désert du Sahara, Almasy fait le voyage d’Adrar jusqu’aux rivages du Niger en voiture – une vieille Citroën – guidé par Hamid, un jeune homme Touareg. Ce voyage a été pour lui le début d’une vie de nomade.

„Sauf la Mongolie“

Dans les années 1945-49, ses reportages ont surtout abordé la situation économique et sociale de l’après-guerre dans les pays européens. Il quitte le petit format du Rolleiflex, pour utiliser désormais un appareil 6×6. Il s’adapte à toutes les situations en prenant toujours des photographies. Il raconte avoir posé le pied sur le sol de tous les pays du monde, sauf en Mongolie Intérieure. En effet, à partir de 1952, il commence à collaborer avec plusieurs organisations des Nations Unies – UNESCO, UNICEF, WHO, IAO et FAO -, ce qui l’amène à voyager de façon continue, dans le but d’enregistrer la „condition humaine“ dans les différents pays du monde.

„Sauf la Mongolie“ a justement été le titre donné par Michel Tournier à une grande exposition, consacrée à Paul Almasy en 1985. Elle présentait un choix d’images effectué à partir de son immense fonds d’archives. Réalisées entre 1935 et 1985, ses 120.000 images en noir et blanc sont ordonnées selon un critère topographique. A propos de leur style, Tournier parle d’une „signature mystérieuse“, qui permettrait de reconnaître instantanément une prise de vue réalisée par Almasy.

En fait, on ne peut pas les identifier par un véritable style photographique, mais plutôt par une approche très personnelle de la réalité. La technique et l’esthétique n’ont jamais été une préoccupation pour lui. C’est pour cette raison que Paul Almasy, se présentant comme photo-journaliste, et non pas comme photographe, n’a jamais voulu jouer le rôle „d’auteur“. Dans ce sens, la photographie a toujours été pour lui un moyen d’information, dans lequel le côté esthétique ne devait pas dominer. Paradoxalement, le dilemme sur l’identification du photo-journalisme comme activité documentaire ou artistique, qu’il avait résolu à sa manière, est aujourd’hui remis en cause, car nous regardons ces images avec un plaisir qui va au-delà de la simple prise d’information.

Sandra Maria Petrillo

Galerie Clairefontaine –
Espace 1, 7 place de Clairefontaine, Tél. 47 23 24

Jusqu’au 26 mai, ma. – ve. 14h30 – 18h30, sa. 10h – 12h et 14h – 17h.


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