SCULPTURES: KopplaNanas

Dans le cadre de la Journée de la femme, des artistes du centre de rencontres pour femmes Kopplabunz exposeront leurs « KopplaNanas »  à partir du 8 mars à l’abbaye de Neumünster.

KopplaNanas, du centre pour femmes Kopplabunz.

La Nana n’a rien de nouveau au Luxembourg. Ou plutôt n’avait rien de nouveau. Une des oeuvres de Niki de Saint Phalle, artiste du groupe des Nouveaux Réalistes et militante féministe à partir des années 1960 jusqu’à sa mort, trônait au-dessus du centre Hamilius. « La grande tempérance », tel est le nom de l’oeuvre, a été démontée fin 2011 pour faire place aux actuels travaux de rénovation du centre Hamilius. La Nana, comme créée par Niki de Saint Phalle, représente la femme moderne. Une femme libérée de tout jugement externe et surtout qui s’amuse ostensiblement, d’où les couleurs éclatantes des sculptures. Et, à l’époque, ces sculptures pouvaient encore créer un vrai scandale : en 1995, toutes les oeuvres alors exposées en plein air à Luxembourg-ville, dont « La grande tempérance », avaient été recouvertes d’un voile lors de la procession de l’Octave, à l’initiative d’un fonctionnaire communal zélé. Un acte de censure impensable de nos jours, qui prouve bien que les mentalités ont, un petit peu quand même, évolué.

La Nana du centre Hamilius n’a cependant pas disparu pour toujours. Pour le moment, elle est en attente dans les musées de la ville de Luxembourg avant d’être transférée en région parisienne, chez Gérard Haligon, restaurateur officiel des oeuvres de Niki de Saint Phalle. Une fois cette restauration achevée et la rénovation du Royal Hamilius terminée, elle présentera de nouveau ses formes et ses couleurs, avec un nouvel éclat, entre 2018 et 2019, date présumée de la fin des travaux du mégaprojet.

Pour rendre hommage à Niki de Saint Phalle, disparue il y a 13 ans, le centre de rencontre pour femmes Kopplabunz a décidé de créer ses propres Nanas. Ce centre, qui a vu le jour en 1984, propose aux femmes de tous horizons de se retrouver dans un cadre agréable pour pouvoir converser et échanger des idées.

« Nous exposerons 13 sculptures. Chacune a été réalisée par une des femmes qui a utilisé nos services », explique Landy Petry, qui a encadré le projet. A l’image de celles de Niki de Saint Phalle, les femmes représentées ont des formes voluptueuses et les assument. Elles dansent sur un pied et font preuve de légèreté et de liberté. Elles sont faites en papier mâché. Leurs grandes soeurs, sculptées par l’artiste française, sont en polyester pour assurer leur longévité, vu qu’elles sont en grande partie exposées à l’extérieur – les plus célèbres dans la fontaine jouxtant le centre Pompidou à Paris, où les Nanas sont en compagnie de sculptures de Jean Tinguely, qu’elle avait épousé en 1971.

Les statues confectionnées par les femmes du centre pourront être admirées dans la chapelle de l’abbaye de Neumünster du 7 au 29 mars inclus. Le plus grand afflux sera probablement celui du 8 mars, lors des festivités de la Journée internationale de la femme se déroulant à l’abbaye. Les KopplaNanas feront ici partie du programme proposé par la plate-forme d’action IF 2015, qui regroupe 20 organisations et associations dédiées à la cause des femmes. Cette plate-forme d’action a mis en oeuvre cette journée au Luxembourg. Les visiteurs intéressés par des thématiques féministes pourront alors juger par eux-mêmes de la qualité de l’hommage. Les statues retourneront aux artistes les ayant créées après l’exposition.

Dans la chapelle de l’abbaye de Neumünster, du 7 au 29 mars.


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