Psychiatrie : D’un tabou à l’autre

Une exposition virtuelle en ligne retrace l’histoire encore méconnue de la prise en charge des malades mentaux au Luxembourg.

Le « cimetière des fous » à Ditgesbaach

Malgré un ton parfois déplacé et un chapitre glauque consacré au pont Rouge, haut lieu de suicide, l’exposition virtuelle « Being Crazy in Luxembourg ? The History of Psychiatry in Luxembourg », réalisée par les étudiant-e-s en histoire de l’Uni, livre une première ébauche sur l’évolution de la prise en charge des malades mentaux au Luxembourg.

Des prisons et couvents du quartier du Grund, en passant par les initiatives privées ou parlementaires pour démystifier des troubles longtemps pris en charge par l’Église, jusqu’au Centre hospitalier neuro-psychiatrique (CHNP) d’Ettelbruck : ce qui frappe, c’est la persistance du tabou qui entoure la maladie mentale, ainsi que la volonté de rendre utile celui ou celle qui en est atteint.

La preuve : le bâtiment imposant de la commune d’Ettelbruck, symbole du profit économique que la ville tirait de l’Hospice central (devenu par la suite CHNP), ouvert en 1855 et dont les pensionnaires étaient des employé-e-s, avec 80 % de leur salaire retournant à la commune et 20 % à l’État, qui les nourrissait. Souvent sans nom à leur mort – à cause de leurs proches, soucieux de protéger le nom de famille -, environ 800 furent enterré-e-s dans des fosses communes sur un terrain adjacent, et ce jusque dans les années 1980. Quant aux croix qui ornaient les tombes, on les a enlevées dix ans plus tard.


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