Une plateforme pour protéger les journalistes et leurs enquêtes

La plateforme « Forbidden Stories » veut protéger les enquêtes journalistiques à travers le monde. Et pourrait fonctionner comme une assurance vie pour journalistes.

L’assassinat de la journaliste et blogueuse Daphne Caruana Galizia à Malte en octobre le souligne : être journaliste, c’est parfois risquer sa vie. Même en Europe. En s’attaquant à des structures mafieuses et à des intérêts financiers, comme elle l’a fait, on s’expose à des représailles de la part de gens qui pensent ainsi pouvoir empêcher la diffusion d’informations sensibles les concernant.

« Keep Stories Alive », c’est le mot d’ordre d’un nouveau projet de Reporters sans frontières et du Freedom Voices Network, « Forbidden Stories ». L’idée ? Protéger, pérenniser les enquêtes de journalistes se sentant menacés en leur offrant la possibilité de mettre à l’abri des informations. D’un clic, ils peuvent ainsi sauvegarder les informations sensibles et des instructions en cas d’arrestation, d’enlèvement ou d’assassinat. Cryptées avec le programme SecureDrop, élaboré par Edward Snowden en personne, les enquêtes et les instructions sont ainsi en sécurité.

S’il arrive quelque chose au ou à la journaliste, d’autres pourront ainsi reprendre le flambeau et continuer l’enquête là où elle a été arrêtée. La participation de l’International Consortium of Investigative Journalists, responsable des révélations des Luxleaks, des Panama Papers ou des Paradise Papers, garantit une large diffusion des informations en question.

Outre l’assurance de la continuité des enquêtes mises à l’abri sur la plateforme, l’idée derrière Forbidden Stories, c’est aussi de fonctionner comme une assurance vie : quiconque tenterait d’empêcher la diffusion d’informations à travers des arrestations ou des actions violentes à l’encontre de journalistes provoquerait l’effet inverse de celui recherché.

De quoi dissuader d’éventuels commanditaires de telles actions. Et ce n’est pas un luxe : rien qu’en 2016, 74 journalistes ont été tués dans l’exercice de leurs fonctions dans le monde. En 2015, ils étaient 101.


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