BOLKESTEIN: Le Roi est mort! Vive le Roi!

von | 17.02.2006

Ce jeudi, le parlement europĂ©en s’est prononcĂ© en faveur de la nouvelle directive sur les services. Pour beaucoup, le compromis entre conservateurs et socialistes s’apparente plutĂ´t Ă  une compromission.

La directive „Bolkestein“ a-t-elle Ă©tĂ© approuvĂ©e ou non par les eurodĂ©putĂ©-e-s ce jeudi Ă  Strasbourg? „Oui“, vous rĂ©pondront les Verts, la Gauche unie, certains socialistes ainsi que la ConfĂ©dĂ©ration europĂ©enne des syndicats (CES). „Non“, vous rĂ©pondront d’autres socialistes, la droite et le patronat. Cette directive sur les services, dĂ©nommĂ©e d’après l’auteur de sa mouture originale, l’ancien commissaire europĂ©en Frits Bolkestein, aura interpellĂ© l’opinion publique du continent comme nulle autre auparavant. Elle aura mĂŞme contribuĂ© Ă  faire capoter, dans une première instance, le traitĂ© constitutionnel europĂ©en. Il aura fallu d’un compromis entre les deux grands groupes au parlement europĂ©en (les conservateurs du PPE et les sociaux-dĂ©mocrates PSE), pour la faire passer. CoĂ»te que coĂ»te.

Car cette directive est de ces textes qui rĂ©sument et concrĂ©tisent si bien l’esprit ultra-libĂ©ral, qu’une fois dĂ©voilĂ©s ils ne survivent que difficilement Ă  la pression de l’opinion publique. Pour survivre, ils ont intĂ©rĂŞt Ă  passer inaperçus. Le fameux accord multilatĂ©ral sur l’investissement (AMI) avait dĂ©jĂ  subi le sort du vampire que les rayons de soleil ont pris par surprise. Mais le problème avec les vampires, c’est qu’ils ressuscitent.

Pour autant, les dirigeants de l’Union europĂ©enne savaient que la directive ne pouvait passer dans son Ă©tat original. Qu’il fallait l’Ă©dulcorer, ou faire tout comme. Et commencer par la forme en Ă©liminant tous les gros mots. Comme le fameux principe du pays d’origine, par exemple. Mais ce principe, qui encourage la concurrence au dumping social entre les pays de l’Union, n‘ a pas forcĂ©ment disparu. Car si le terme a bel et bien Ă©tĂ© rayĂ©, il n’est pas dit qu’il en soit de mĂŞme de l’esprit. En effet, la „clause du marchĂ© intĂ©rieur“ de l’article 16 peut laisser perplexe.

En gros, la clause laisse libre cours aux Etats membres de permettre Ă  des sociĂ©tĂ©s de services installĂ©es dans un pays A d’ĂŞtre actives dans un pays B. Mais la clause ne pipe mot sur les standards et critères Ă  respecter. Comme l’a formulĂ© Klaus Dräger, un collaborateur parlementaire Ă  Strasbourg, il est impossible de savoir quels critères seront de mise si un architecte espagnol construit en Allemagne, tout en collaborant avec un ingĂ©nieur belge et un chef de chantier portugais. Ce qui est inquiĂ©tant, c’est que la formulation laisse un flou juridique. Dans ce cas, la Cour de justice europĂ©enne devra clarifier les litiges Ă  venir. Tout sera matière Ă  interprĂ©tation. Et le libĂ©ralisme Ă©conomique, c’est connu, adore interprĂ©ter. D’autant plus que la majoritĂ© des conservateurs et des socialistes ont rĂ©ussi, en dernière minute avant le vote, Ă  retirer deux rĂ©serves de l’article 16 concernant la politique sociale et la protection des consommateurs. Le coup a provoquĂ© les protestations des Verts et de la Gauche unie. En vain.

Autre Ă©lĂ©ment qui mĂ©rite rĂ©flexion: l’attitude de la CES. Peu encline au radicalisme, la centrale europĂ©enne syndicale s’est montrĂ©e – après moultes tergiversations il est vrai – Ă©tonnamment combative et avait rĂ©ussi Ă  mobiliser 50.000 personnes contre le „compromis“. Après tout, cela n’arrive pas tous les jours que John Monks, son dirigeant, se montre Ă  tel point intransigeant.

Mais, en principe, la messe n’est pas encore dite. Il reste encore au Conseil des ministres, aux gouvernements europĂ©ens donc, de se prononcer. Une occasion pour Jean-Claude Juncker de retrouver la poubelle dans laquelle il avait promis de jeter la directive.

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