EDUCATION: De mauvais plats dans de vieux pots

von | 26.05.2006

Mady Delvaux veut changer la manière d’enseigner. L’école luxembourgeoise pourrait subir un bouleversement salutaire.

Ce mardi, la séance publique à la Chambre des député-e-s a débuté avec une minute de silence en mémoire de Roger Linster, ancien député socialiste, récemment décédé. Celui dont la carrière avait été riche en engagements, était également le premier directeur du service de l’enseignement différencié. Tragique coï ncidence, la séance en question comportait une interpellation de la députée libérale Anne Brasseur au sujet des nouveaux critères de promotion introduits par la ministre de l’éducation nationale, Mady Delvaux.

La différenciation est en effet un des termes clé de la politique d’éducation de la ministre. Le débat de mardi lui a permis de revenir sur son projet réformateur qui va bien plus loin qu’une simple modification des critères de promotion, ce qui n’est pas toujours compris par tout le monde. L’école, la pédagogie, sont des domaines d’une grande complexité. Par conséquent, les simplifications et réflexions sorties tout droit de l’encyclopédie de la philosophie de comptoir sont monnaie courante.

Ainsi, les représentant-e-s de la droite parlementaire – DP, CSV et ADR -, se sont succédés à la tribune pour déplorer le „bradage“ des diplômes. Favoriser les compensations et réformer les critères de promotion équivaudrait à abaisser le niveau des élèves qui n’auraient plus besoin de fournir le moindre effort. Les „pédagogistes“ seraient les partisans d’une sorte d’hédonisme scolaire à contre-courant de la dure réalité du marché du travail. Pourtant, que ce soit à l’école ou sur le lieu de travail, les efforts sont plus facilement consentis si la motivation, et donc une certaine dose de plaisir, sont de la partie. Faudrait-il constamment verser des larmes et du sang pour vivre heureux?

Contrairement à ce qu’a pu affirmer un commentateur sur RTL-Radio, la ministre ne navigue pas à vue. On peut déceler dans sa politique une finalité de réformer fondamentalement la manière dont l’école luxembourgeoise dispense son enseignement. Cela passe évidemment par des petits compromis, des négociations, des tentatives qui réussissent et d’autres qui échouent. Le chantier de l’éducation est immense et pluriel. Avec près de 40 pour cent des élèves issus de l’immigration et des disparités sociales grandissantes, il s’agit pour l’école de s’adapter à ces nouvelles réalités et non le contraire. Et même si le Luxembourg ne connaissait pas cette hétérogénéité sociale et linguistique: chaque enfant reste différent et les intelligences sont diverses.

Mady Delvaux n’est pas la première ministre à réformer les modes de compensation. Par contre, elle est la première à concevoir cette réforme comme préalable à une refonte pédagogique plus globale. Jusqu’à présent, les compétences des élèves se mesuraient en chiffres. Cela a certainement l’avantage d’aiguiser les compétences arithmétiques des élèves en difficulté dans certaines branches, qui passent leur année à établir des constructions hautement complexes, afin d’atteindre les points nécessaires à la réussite de leur année. A cette logique, le Ministère de l’éducation nationale (MEN) oppose l’évaluation à partir de compétences. Si rien n’est encore clair, la volonté semble être celle de différencier l’enseignement, de l’adapter aux besoins de chaque élève, à l’image d’une multitude de projets déjà en cours au niveau de l’enseignement primaire.

La réforme à moyen terme de la manière d’enseigner présuppose évidemment un changement – qualitatif – de la tâche de l’enseignant. Il ne s’agit évidemment pas d’astreindre aux professeurs une charge de travail supplémentaire afin de satisfaire aux exigences des partisans de l’austérité budgétaire. Les syndicats jouent leur rôle quand ils luttent contre une dégradation des conditions de travail de leur corps professionnel. Mais ils ne peuvent pas tout rejeter en bloc et doivent distinguer les bonnes des mauvaises propositions. Il leur revient d’être capables de mettre en question les méthodes d’enseignement actuelles, sous peine de saborder un élan de réforme pédagogique dont l’école luxembourgeoise a besoin depuis si longtemps.

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