THEATRE: Bien épicé

Dimanche prochain, la « Theaterfederatioun » va ouvrir les portes de l’abbaye de Neumünster pour y montrer ce dont elle est capable.

Comme s’il manquait encore de l’huile sur le feu dans les multiples différends qui opposent le monde culturel à la bureaucratie étatique et communale, la « Theaterfederatioun » a choisi les épices les plus brutales qui soient – les piments – pour logo de son édition 2010 du « Theaterfest ».

« Schaarf op Theater » – ce qu’on pourrait traduire par « chaud pour le théâtre » ne se veut pas uniquement une manifestation théâtrale qui doit montrer au public le bilan de la fédération. Le concept de la fédération va plus loin : il s’agit de montrer non seulement le théâtre en son état en 2010, mais aussi de donner envie aux générations suivantes de s’y engager. C’est pourquoi on pourra découvrir lors de cette vraie foire aux théâtres toute une variété de métiers liés à la scène, comme acteur, metteur en scène, mais aussi maquettiste, technicien de son ou de lumière. De même, des workshops seront organisés afin d’apprendre les premiers pas du métier d’acteur directement sur place. En plus, des stands d’information seront à la disposition de celles et de ceux qui veulent continuer à se former dans cette direction.

Sur les différentes scènes, un vaste programme attend le public. Mais attention ! Chaque séance est limitée à une dizaine de minutes, ainsi les phobiques de l’ennui mortel au fin fonds de la salle noire et peuplée pourront aussi s’installer en toute tranquilité dans leurs fauteuils. Les spectacles sont d’un côté un pot-pourri des grands succès de la scène de la saison passée, comme le stand-up d’Eugénie Ancelin « Attention, chantier en cours », ou des classiques à la luxembourgeoise comme « Croque Messiö » ou « Béierdeckelsgespréicher ». Une place spéciale devrait être accordée à « Shanghai, I Give You My Heart », une co-production Maskénada et Trois CL – directement ramenée de l’exposition universelle, où cette pièce a été mise en scène au pavillon grand-ducal.

Une autre partie – plus intéressante peut-être – est dédiée à des « previews », des petites avant-premières de pièces qui seront à l’affiche à la saison suivante. Qu’il s’agisse de lectures scéniques, de spectacles de danse ou d’autres manifestations, avoir un avant-goût de ce qui nous attendra sur les scènes est un luxe qui ne se savoure pas tous les jours. Ainsi, l’on pourra assister à une installation scénique de « La nuit juste avant les forêts », de Bernard-Marie Koltès, qui est au théâtre du Centaure. Les spectacles seront clos par une performance satirique baptisée « Krisesëtzung », qui se concentre sur les enjeux du théâtre face à la crise. Après, le groupe de Sascha Ley réchauffera les restants.

Autre nouveauté de cette édition, le théâtre des Capucins vend des costumes et des objets de scène qu’il ne peut plus stocker dans ses caves. Pour les amatrices et amateurs de gadgets plutôt improbables, la chasse est donc lancée. Ainsi que pour tous ceux qui sont curieux de savoir comment se porte le théâtre luxembourgeois de nos jours. Et puis, l’entrée est libre aussi?

« Theaterfest », le 26 septembre au CCRN.


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