ATTENTATS: Rien ne sera plus comme avant

von | 21.09.2001

En quelques heures, le monde a changé. Le monde, vu d’ici. Ailleurs, les problèmes – qui tuent, jour après jour – restent les mêmes.

Bientôt, sans doute, nous aurons à nouvau l’oeil rivé à l’écran, pour suivre en direct les „frappes chirurgicales“ contre les ennemis de la civilisation. Nous, les civilisé-e-s, confortablement installé-e-s devant nos télés, serons en guerre. Mais ce ne sera plus comme avant, quand on bombardait en notre nom Bagdad ou Belgrade. Aujourd’hui, chaque fois que nous entendons un avion vrombir au-dessus de nos têtes, nous ressentons un petit frisson dans le dos.

Les attentats aux Etats-Unis signifient que des gens qui n’en ont rien à faire et qui n’ont rien fait peuvent être victimes de la violence extrême qui existe en d’autres endroits de la planète. L’ère du „global village“ aurait-elle commencé le 11 septembre dernier avec une désagréable surprise? Aujourd’hui nous nous sentons menacé-e-s: notre paix dans un monde en guerre, notre bien-être dans un monde en manque, notre démocratie, nos libertés reposant sur la répression, l’exploitation et l’injustice ailleurs, tout cela risque de ne pas tenir le coup.

Alors, après avoir eu peur, après avoir eu pitié des victimes et détesté les bourreaux, nous réagissons: pas de vengeance, non, mais nous demandons que cela ne se reproduise plus, nous appelons de nos voeux un monde sans terrorisme. Eradiquer ce mal, comme dit Bush, faire comprendre aux gouvernements qu’ils ne doivent plus soutenir ces groupes, comme l’a formulé Powell, cela semble raisonnable. Pour tuer le terrorisme dans l’oeuf, il faudra s’attaquer à ses viviers: idéologies anti-occidentales et groupes armés non-étatiques. Après le fourvoiement de la stratégie du „zero loss“, imposera-t-on une sorte de „zero tolerance“ à l’échelle planétaire?

Il est probable que ce ne sera pas la ville de la „zero tolerance“, New York, qui servira de modèle, mais plutôt Rio, où, comme partout en Amérique du Sud, les riches vivent dans des cages dorées, à l’abri de la pauvreté et de la violence. De temps en temps, afin de prévenir des attaques trop bien coordonnées contre les quartiers civilisés, on envoie des escadrons de la mort semer la terreur de l’autre côté des grillages, en Barbarie.

D’autres discours existent. Il faudrait réduire les inégalités à l’échelle mondiale, s’occuper des conflits partout dans le monde avant qu’ils ne dégénèrent, faire régner le droit international, combattre la pauvreté, faire avancer plus vite le développement des pays du Sud. Là-bas, les gens doivent éprouver, plutôt que de la haine, un sentiment d’incompréhension à notre égard. Car tous ces problèmes sont connus – et font des morts, jour après jour. Alors notre indignation au sujet des attentats de New York, suivie d’actions concrètes pour éradiquer ce fléau-là et accompagnée de discours vagues quant aux autres sources d’inhumanité, a quelque chose d’étrange et de révoltant.

Sincèrement, en plus d’un monde sans terrorisme, ce monde plus juste, nous l’appelons aussi de nos voeux depuis longtemps. Mais il y a eu les contraintes budgétaires, les intérêts économiques, les complications de la realpolitik internationale… Est-ce que, dans ce domaine, quelque chose va vraiment changer à présent?

Avant, notre monde était beau – quoique imparfait – et la guerre était propre. Devons-nous vraiment regretter ce temps-là? Souhaitons-nous vraiment le restaurer tel quel?

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