Spielberg Steven: A.I.

Fiction au futur prochePrésenté au dernier Festival du Film Américain de Deauville, „A.I.“ de Steven Spielberg était l’événement de cette 27e édition. A l’issue de la projection, l’enthousiasme avait baissé d’un cran.

Les inconditionnels de Stanley Kubrick savent que ce dernier avait un projet important qu’il tenait à réaliser. Au départ, „A.I.“ aurait dû être la suite logique de „2001, Odyssée de l’espace“, mais Stanley Kubrick le reportait toujours à plus tard. Dans un premier temps, „A.I.“ devait voir le jour après „Eyes Wide Shut“ mais des problèmes lors du tournage rendaient le projet de plus en plus chaotique. Après moult hésitations, Stanley Kubrick a décidé de proposer la réalisation à Steven Spielberg.

Face à ce cadeau et en hommage à son ami, Steven Spielberg se lance dans l’aventure. S’il a entièrement écrit seul le scénario, Steven Spielberg ne peut nier l’influence indirecte de son ami. Durant la première partie du film, cela se ressent très fort. Le spectateur est amené à se poser les bonnes questions et par ce biais à participer au déroulement de l’histoire comme s’il s’agissait d’un film interactif. Hélas, fuyez le naturel et il revient au galop! A peine la seconde partie entamée, Steven Spielberg marque cette ´uvre de son empreinte indélébile. Le film sombre alors dans les travers du réalisateur et perd toute sa valeur. Les scènes souffrent de longueurs, les sentiments sont glaciaux et le spectateur se soumet à la loi Spielberg. En quelque sorte, il subit le film parce qu’on lui a dit de se taire et d’admirer les prouesses techniques, les décors et le savoir-faire du maître. Quel gâchis, alors que le film avait si bien démarré. C’est simple, à plusieurs reprises on ne peut s’empêcher de penser à „Rencontre du troisième type“ et à „E.T.“. Certes, deux excellentes oeuvres de Steven Spielberg, mais qui, en principe, n’auraient jamais dû être présentes dans notre esprit lors de la vision de „A.I.“. La preuve qu’il y a quelque part une redite.

Revenons au plot. Nous sommes dans un futur peut-être pas si lointain que cela. L’homme, esclave de machines de plus en plus performantes, met au point des robots qui, au départ, ont pour mission d’effectuer toutes les tâches que l’homme ne prend plus le temps d’assumer. Suite à la fonte des glaces qui a submergé des centaines de villes, la famine fait rage et oblige les hommes à l’exode. Pour faire face à cela, les gouvernements décident de limiter les naissances. Le professeur Hobby de la Cybertronics Manufacturing prend la balle au bond et commence à développer une nouvelle sorte de robot: un enfant-machine aux allures humaines, capable d’aimer sincèrement ses „parents“. Vingt mois plus tard, David fait son entrée chez Henry et Monica Swinton, un couple dont le jeune fils, Martin, a été cryogénisé à la suite d’une grave maladie. David devient alors une sorte de palliatif au bonheur du couple jusqu’au jour où Martin revient guéri à la maison. La présence de David se révèle très rapidement inutile et les parents devront prendre une décision importante.

Haley Joel Osment: l’enfant prodige

Steven Spielberg étant absent au Festival de Deauville pour cause de tournage, c’est seul qu’Haley Joel Osment a affronté la presse pour défendre „A.I.“. Si le film n’a pas atteint les hauteurs de notre espérance, le jeu du jeune Haley nous a une fois encore épaté dans la peau d’un robot-enfant. Les pieds sur terre et la tête sur les épaules, il a répondu avec dextérité aux questions des journalistes, principalement celles sur l’unique scène où il devenait violent: „C’est vrai que cette scène était importante et très difficile parce que c’est la première fois que le personnage connaît ce genre de sentiments. J’y ai donc beaucoup réfléchi avant, non pas sur la manière de devenir violent mais sur ce qui me pousse à le devenir. J’ai donc fait tout un travail intérieur sans laisser de place à la spontanéité au moment on l’on crie ‚Moteur‘. Je n’ai fait aucune répétition des scènes de violence. L’action s’est faite d’elle-même.“

„A.I.“ est l’amalgame de deux grosses pointures du cinéma dont la rencontre est à moitié enrichissante pour le public.


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