Attal Yvan: Ma femme est une actrice

Dans „Ma femme est une actrice“ le public a l’impression d’être une petite souris, témoin de l’intimité du couple que forment, à la vie comme à l’écran, Yvan Attal et Charlotte Gainsbourg.

Voir sa femme nue à l’écran

Charlotte et Yvan sont heureux. Il est journaliste sportif, elle est une actrice célèbre. Le joli sourire de Charlotte suffit à faire sauter les PV. Un simple coup de téléphone lui ouvre les portes des restos les plus branchés, même aux heures de grande affluence. Tout va pour le mieux, si ce n’est les quelques inconvénients inhérents à la célébrité: les gens qui vous arrêtent dans la rue, sans même un regard pour le compagnon, les rapports un peu faussés …

L’univers serein dans lequel évolue Yvan s’écroule le jour où il croise une connaissance qui ose les questions que tout le monde se pose: „Qu’est-ce que ça vous fait de voir votre femme toute nue à l’écran devant des milliers de gens, rouler des pelles à des mecs?“ Evidemment, tout le monde sait qu’au cinéma, tout se fait „pour du semblant „, mais la théorie fumeuse du quidam va laisser quelques orages électriques dans les neurones du pauvre Yvan. En effet, au cinéma, on tire à blanc, mais par contre, on embrasse avec ses vraies lèvres. Il n’en faut pas plus pour semer le doute dans l’esprit quelque peu possessif et jaloux de l’homme dont la femme est une actrice, alors qu’elle s’apprête justement à partir pour Londres, où un tournage l’attend avec l’acteur dont elles rêvent toutes. Le pétage de plombs d’Yvan commence

Pour son premier film, Yvan Attal a choisi de tourner avec l’actrice dont il est le compagnon, Charlotte Gainsbourg. Tout le sel réside évidemment dans l’impression du spectateur d’être une petite souris, témoin de l’intimité du couple Attal/Gainsbourg. Cette partie de cache-cache scénaristique est renforcée par le choix de ne pas modifier les prénoms des deux protagonistes. Cela fonctionne bien, à condition d’évoluer sur le mode de la comédie. „Celle-ci implique une distance et Yvan ne dévoile pas notre intimité à l’écran. On en joue et c’est assumé. C’est même le sujet du film: qu’est-ce qui est vrai, qu’est-ce qui est faux au cinéma“, confie la vraie Charlotte.

A lire les interventions de Charlotte en promo, on ne peut qu’être surpris par tant de progrès. Que ceux qui étaient restés sur l’image de la jeune fille maladivement timide, ne répondant aux interviews que de manière monosyllabique, révisent leur jugement. La demoiselle est devenue une belle dame au don de comédienne évident et à l’assurance presque assurée. Déjà très remarquée avec „La bûche“, son talent pour les comédies s’affine encore avec ce film d’Yvan Attal. Aérienne, hypernaturelle, sa façon d’être sert le film beaucoup mieux que le scénario, parfois un peu lourd.

On constate par contre qu’Yvan Attal ne semble pas toujours parvenir à garder la distance nécessaire par rapport à son personnage. Il en résulte quelques situations scabreuses, dont Charlotte Gainsbourg se sort chaque fois avec brio, alors que son compagnon patauge un peu.

L’intrigue secondaire se focalise sur un autre couple, celui de la soeur d’Yvan, aux prises avec un dilemme: faut-il que le petit garçon qui va naître soit circoncis ou non? Un clin d’oeil sur la judéité et ses obsessions pas toujours très à propos, qui détend l’atmosphère. On se demande simplement si la conclusion n’a pas été perdue en chemin.

Yvan Attal s’en sort néanmoins avec les honneurs pour ce premier film dont la réussite repose avant tout sur son couple et sur la chance qu’il a d’être avec une telle comédienne. Une question qu’on aimerait lui poser: au fond, ça fait quoi d’être le mari d’une actrice „pour de vrai“?

Séverine Rossewy

A l’Utopia


Kriteschen an onofhängege Journalismus kascht Geld - och online. Ënnerstëtzt eis! Kritischer und unabhängiger Journalismus kostet Geld - auch online. Unterstützt uns! Le journalisme critique et indépendant coûte de l’argent - en ligne également. Soutenez-nous !
Tagged , . Bookmark the permalink.

Comments are closed.