Ă la place de la COP26, on a eu droit Ă un sommet climatique virtuel. Mais lâalliance du contre-sommet ne dort pas non plus et a clamĂ© sa colĂšre.
Ăcossaise, britannique, mondiale ? Les trois Ă la fois. La « COP26 Coalition » est un rĂ©seau dâONG locales qui se sont alliĂ©es Ă des partenaires du monde entier afin de mettre la pression sur le gouvernement du Royaume-Uni et ses pairs dans le contexte de la confĂ©rence climatique COP26. Une confĂ©rence qui devait avoir lieu Ă la fin de cette annĂ©e Ă Glasgow, mais a Ă©tĂ© repoussĂ©e dâun an Ă cause de la pandĂ©mie. NĂ©anmoins, lâONU et le gouvernement britannique ont improvisĂ© un sommet virtuel, le « Climate Ambition Summit ».
« Le gouvernement britannique utilise ce sommet comme une occasion pour faire passer comme âambitieuxâ des objectifs de rĂ©duction qui nous mettent sur une trajectoire de 3 Ă 5 degrĂ©s de rĂ©chauffement climatique », critique le rĂ©seau dans un communiquĂ© de presse. Il tient en particulier lâobjectif de zĂ©ro Ă©missions de CO2 nettes en 2050 pour insuffisant : « Câest une condamnation Ă mort pour des millions de personnes, frappant en premier lieu les pauvres, les classes laborieuses et les personnes de couleur. »
La relance que demandent les ONG
La COP26 Coalition, dont les membres vont de Friends of the Earth Scotland Ă lâAlliance des peuples indigĂšnes du BrĂ©sil, en passant par le syndicat (britannique) des pompiers, entend profiter du temps jusquâĂ la COP26 en novembre 2021 pour mobiliser. Elle exige notamment « de rĂ©duire les Ă©missions et dâĆuvrer Ă une ârelance Ă©quitableâ afin de contrer la double menace du changement climatique et de la Covid-19 ».
Pour le Royaume-Uni, Mary Church de Friends of the Earth Scotland rĂ©clame « un plan solide avec un budget appropriĂ© afin de rĂ©duire rapidement les Ă©missions durant la dĂ©cennie Ă venir, en assurant une âtransition justeâ pour les travailleur-ses et les communautĂ©s ». Sur le plan international, elle critique le fait que le gouvernement rĂ©duit lâaide au dĂ©veloppement (woxx 1608 : CoopĂ©ration en danger). Au contraire, il faudrait « renforcer le soutien aux pays en premiĂšre ligne face Ă la crise climatique, qui ont le moins contribuĂ© Ă la causer, et surtout, arrĂȘter de financer Ă lâĂ©tranger les projets liĂ©s aux Ă©nergies fossiles, polluants et piĂ©tinant les droits humains ».
Pour May Boeve de 350.org, lâargent de la relance « doit ĂȘtre investi dans des emplois plus sains et Ă©quitables, dans lâĂ©nergie renouvelable sous contrĂŽle des communautĂ©s locales, dans des transports en commun et des habitations rĂ©silients par rapport au climat et dans le soutien et le rĂ©tablissement pour les communautĂ©s les plus touchĂ©es ».
Les leaders mondiaux en accusation
Le communiquĂ© de presse de la COP26 Coalition cite encore Brandon Wu dâActionAid USA, qui se montre sĂ©vĂšre avec son pays dâorigine. Alors que « le plus gros pollueur historique de la planĂšte » sâapprĂȘte Ă rejoindre Ă nouveau lâaccord de Paris, Wu se montre perplexe : « Ainsi que lâa montrĂ© de façon horriblement claire la pandĂ©mie, les Ătats-Unis sont une sociĂ©tĂ© profondĂ©ment allergique aux investissements publics face aux problĂšmes de grande Ă©chelle, particuliĂšrement les problĂšmes mondiaux. » Lâactiviste souhaite que son pays tourne le dos Ă cette attitude et sâengage dans un avenir « dans lequel les Ătats-Unis se transforment radicalement et construisent une sociĂ©tĂ© plus juste, ce qui inclut dâapporter entiĂšrement la contribution qui nous incombe Ă lâaction contre le changement climatique ».
Enfin, lâactiviste Mitzi Jonelle Tan, engagĂ©e dans des mouvements de jeunesse comme Fridays for Future, apporte une touche plus personnelle au communiqué : « Jâai peur de mourir noyĂ©e dans mon lit. Mon pays est frappĂ© par des cyclones et des crises Ă rĂ©pĂ©tition, et que rĂ©pondent nos leaders ? » Elle rappelle que partout, la jeunesse a Ă©tĂ© confrontĂ©e aux injustices et Ă lâoppression au cours des cinq derniĂšres annĂ©es. « Nous en avons assez des promesses trahies et des propos vides. Nous sommes Ă©cĆurĂ©-e-s par des accords quâon cĂ©lĂšbre mais qui ne mĂšnent nulle part. Que les leaders mondiaux-ales se prĂ©parent, car nous allons demander justice. »
Lien vers nos articles dans le contexte du 5e anniversaire de lâaccord de Paris.

